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Flatanger : Dylan Chuat répète Thorshammer – Flatanger: Dylan Chuat repeats Thorshammer

29 juillet 2022 à 09:04

Il n’y a pas que Seb Bouin qui est en forme dans la grotte de Flatanger ! Le mutant Suisse Dylan Chuat vient de réussir le test de conti classique de la grotte norvégienne, “Thor’s hammer” 9a/+ pour 50 mètres d’escalade ! Il nous livre son ressenti.

“C’est clairement la voie la plus longue que j’ai faite, notamment en toit comme ça, je manque d’expérience dans ce niveau. Je me suis particulièrement investi. C’est assez exigeant, notamment le haut dans le 8c de “Nordic Plumber” et sa rampe de plats tout en conti. Tu peux vraiment tomber partout, bien que je ne sois pas tombé après le bas. Pour le niveau, c’est dur à dire, c’est clair que c’est plus dur que les 9a que j’ai faits, mais Flatanger est une falaise un peu 3D et les méthodes ont évolué. Cependant pour le niveau de la voie, l’exigence, la longueur, j’ai trouvé ça difficile à négocier.
J’ai commencé à travailler la voie en mode touriste, j’ai fait les sections dès la première séance, et j’avais déjà fait le 8c de fin avant donc j’étais confiant. Quand j’ai été prêt à enchainer j’ai eu des soucis avec la partie basse qui était très mouillée et donc c’était dur à négocier, avec de la manutention à faire en séchant les prises au PQ juste avant de faire un run. J’ai donc commencé par mettre des essais sans les 2-3 premiers mouvements et j’ai enchainé la voie depuis la 2e dégaine. Ensuite, j’ai dû attendre un certain temps que ça sèche pour essayer du sol, ça me rendait fou, mais je viens enfin de concrétiser !
C’est certainement la plus belle voie difficile que j’aie jamais faite, et sans doute l’une des plus incroyables de Flatanger !”

Photo : Marco Müller

Dylan Chuat Thorshammer

Seb Bouin is not the only one to be in good shape in the Flatanger cave! The Swiss mutant Dylan Chuat has just ticked the classic Norwegian cave stamina test, “Thor’s hammer” 9a/+ for 50 meters of climbing! He shares his feelings with us.

“It’s clearly the longest route I’ve done, especially in a roof like that, I lack experience in this level. I’ve worked particularly hard for it. It’s quite demanding, especially the top part which is the 8c of “Nordic Plumber” and its pumpy flat rail. You can really fall anywhere, even if I never fell after the lower section. For the grade it’s hard to say, it’s clearly harder than the 9as I’ve done before, but Flatanger is a bit of 3D crag and the betas have evolved. However for the level of the route, the requirement, the length, I found it difficult to deal with.
I started working the route in tourist mode, I climbed the different sections of the route in the first session, and I had already sent the 8c finish before so I was confident. When I was ready to send I had problems with the lower part which was very wet and therefore it was hard to climb it, with wet holds I needed to dry with toilet paper just before an attempt. I sent the route from the 2nd quickdraw and then had to wait for it to dry to finally redpoint the route.”

Photo : Marco Müller

Dylan Chuat Thorshammer

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Hattori Hanzo, 8b+, 7 longueurs pour Kathy Choong et Jim Zimmermann – Hattori Hanzo, 8b+, 7 pitches by Kathy Choong and Jim Zimmermann

19 juillet 2022 à 19:58

Une nouvelle grande voie dure dans la poche de Kathy Choong et de son compagnon Jim Zimmermann avec “Hattori Hanzo” (8b+, une ligne de 7 longueurs nichée en face Nord du Titlis, Engelberg, Suisse) ! Voici le commentaire de Kathy laissé sur les réseaux.

“Trop contente de réaliser une ascension parfaite sans tomber de cette voie de 7 longueurs (5b, 6b, 7b, 6c, 8b+, 8a+, 7a) dans la journée. Et encore plus parfait, mon compagnon Jim Zimmermann a aussi réalisé la voie le même jour. Située en face Nord du Titlis, cette voie offre un vrai challenge mental et physique ! J’ai réalisé en tête toutes les longueurs, l’une après l’autre. Jim a réalisé en moul’ les 4 première longueurs “faciles” et je l’ai assuré pour les 3 dernières longueurs en tête.
La voie démarre avec 4 longueurs en dalle qui sont cotées faciles. Mais la première longueur ne possède qu’un point, à peine plus dans les suivantes, petites prises, l’approche est déjà coton mentalement avant d’arriver dans les longueurs clé qui remontent un impressionnant et long dévers. On a fait face à pas mal d’échecs, en tombant dans les crux engagés des longueurs dévers ; la première fois qu’on a essayé la voie on n’a pas vu le sommet ! Mais la magie a opéré et jour après jour, grâce à une entraide mutuelle, on a pu appréhender mieux les mouvements et finalement grimper toutes les longueurs.
Je voudrai remercier Mathias Trottmann qui a réalisé la première ascension en 2013, pour le travail titanesque qu’il a réalisé en équipant cette grande-voie dans cette face impressionnante, et aussi pour tout le soutien et les méthodes qu’il m’a apportés !”

Photos : Vladek Zumr

A new hard MP under the belt of Kathy Choong, joined by her boyfriend Jim Zimmermann : “Hattori Hanzo” 8b+, 7 pitches, located on the North face of Titlis, Switzerland. Here is her commentary.


So happy to complete in a perfect no-fall ascent Hattori Hanzo, 7 pitches, 8b+ max. (5b, 6b, 7b, 6c, 8b+, 8a+, 7a) in a day! And the best part is that my partner Jim Zimmermann also sent the route on the same day. 😃 Located on the north face of the Titlis 🇨🇭 this route was a great mental and physical challenge ! I led all the pitches, one after the other. Jim top-roped the four « easy » first pitches and I belayed him on lead for the 3 last.

The route starts with 4 vertical slab pitches which on paper are graded “easy”. Only one bolt on the first one, a few more in the following ones, very small holds, the approach is already quite tough mentally before arriving at the start of the crux pitches which follow in a long impressive overhang. We faced many failures, falling in the run-outs of the crux pitches 😨 and so unable, the first time we tried the route, to climb to the top ! But the magic happened and day after day, thanks to our mutual support, we could figure out the moves and finally climb all the pitches✌🏻

I would like to thank Matthias Trottmann who did the first ascent in 2013, for the massive work he did when he bolted this route on this impressive face and for all the information & advice he gave me!

Photos: Vladek Zumr

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Anak Verhoeven répète Jungfraumarathon 9a – Anak Verhoeven repeats Jungfraumarathon 9a

6 juillet 2022 à 19:02

Anak Verhoeven continue de sillonner les falaises européennes, se rendant récemment sur le spot helvète de Gimmelwald (Eiger). En 3 coups de cuillère à pot, Anak a réalisé une nouvelle voie dans le 9ème degré, avec une répétition du résistant “Jungfraumarathon” 9a. C’est la seconde grimpeuse à réussir la voie, Kathy Choong l’ayant précédé en 2019. Nous lui avons demandé ses impressions sur la falaise et la voie.

“Gimmelwald est une falaise merveilleusement belle. Le paysage est à couper le souffle, avec des montagnes enneigées de l’autre côté de la vallée, une petite cascade venant du haut et une ambiance alpine avec l’herbe verte et les fleurs tout autour.
Il y a beaucoup de voies dures dans un style demandant beaucoup de gainage. Je suis super heureuse d’avoir pu visiter le lieu avec le local Alex Rohr comme guide, c’est un super endroit !

J’ai beaucoup aimé “Jungfraumarathon”. Cela commence par une section sur des prises plates suivie d’un bon repos. Vient ensuite le crux qui se termine par le mouvement le plus difficile de la voie. La partie supérieure est ensuite très sympa à grimper.

J’ai d’abord passé deux jours à grimper avec les locaux, à découvrir la voie et à travailler les mouvements.
Lors du troisième jour, j’ai cherché à enchainer. Je suis tombée deux fois au crux, à chaque fois je me sentais un peu mieux. A mon 3ème essai j’ai passé le crux et enchainé.”

Ci-dessous Kathy Choong dans la voie.
Photo de couverture : John Thornton

Anak Verhoeven continues to explore European crags with the discovering of Gimmelwald, Switzerland. She climbed a new 9th grade route after a very quick work, “Jungfraumarathon” 9a (video above). It’s the second female climber to clip the anchor, Kathy Choong also climbed it in 2019. Here are Anak’s comments about the crag and the route.

Gimmelwald is a wonderfully beautiful crag. The scenery is just breathtaking with snow-covered mountains on the other side of the valley, a little waterfall coming from above and an alpine feeling with the green grass and flowers all around.
There are lots of hard lines in a style for which quite some body tension is needed. I’m super glad that local climber Alex Rohr showed me around – it’s a great place!

I enjoyed Jungfrau Marathon very much. It starts off with a sequence on slopy holds, followed by a decent rest. Then comes the crux which ends with the hardest move of the route. The route ends with a very fun-to-climb top part.

I first spent two days climbing with local climbers, discovering the route and working the moves.
On my third climbing day I went for the redpoint. I fell twice at the crux move; every time feeling a little better. I climbed through the crux on my third redpoint try and topped the route.


Photo: John Thornton


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Luisa Deubzer réalise Speed intégrale 9a – Luisa Deubzer climbs Speed intégrale 9a (+ interview & video)

29 juin 2022 à 08:09

La très discrète mais néanmoins redoutable allemande Luisa Deubzer (aka”Lulu”) vient de réaliser “Speed intégrale” à Voralpsee en Suisse. La seconde ascension de la voie déjà cette année, quelques jours après Mel Janse Van Rensburg, talenteux franco-Sudafricain de 20 ans. Luisa est la seconde grimpeuse à gravir la voie 4 ans après Barbara Zangerl, une entrée dans le neuvième degré aussi iconique qu’esthétique ! Depuis le début de l’année Luisa est en forme : elle avait réalisé la voie trad “Prinzip Hoffnung’ 10/10+ (8b+) en mars, et ensuite deux 8c dans la région “assez vite pour ses standards”. On ne peut que croire qu’ils étaient annonciateurs d’une arrivée à maturité pour cocher une voie de ce niveau. La suite plus en détails dans cette interview et la vidéo de la fin de l’essai gagnant.

– Tu es très discrète, peux-tu nous en dire plus sur qui tu es, ce que tu fais dans la vie ?
J’ai 28 ans, je grimpe depuis presque 20 ans, j’ai fait des compétitions dans ma jeunesse, et ma passion pour l’escalade est, à ma grande surprise, toujours en train de grandir chaque année. Au cours de la dernière année, j’ai fait de l’escalade une priorité, travaillant à temps partiel dans une salle d’escalade en tant qu’instructeur et ouvreur afin d’avoir davantage de temps. Récemment, j’ai aussi commencé à travailler pour une fondation qui promeut la durabilité et la sécurité en montagne.

– Je sais que tu es très investie dans l’environnement, comment cela se traduit-il dans ta vie de tous les jours et dans ta vie de grimpeuse ?
Bonne question… D’abord et avant tout, ça se traduit par plein de complications dans les décisions de la vie de tous les jours. Dans l’ensemble, j’essaie de réduire mon impact, mais il y a beaucoup de place pour faire plus, et mes efforts vont et viennent. Les deux choses qui ont le plus reflété mes valeurs au fil du temps sont d’être végétalienne depuis 7 ans maintenant et ne pas avoir pris l’avion au cours des 6 dernières années.
Celles-ci donnent l’impression de ne pas exiger beaucoup de moi alors qu’elles ont un impact important sur mon empreinte personnelle. Je pense qu’il est important de commencer là où cela vous semble le plus facile personnellement et à partir de là, développez ses efforts. Il est facile de se laisser décourager si vous ne pouvez pas le faire parfaitement et que vous finissez par le faire n’importe comment.
Je peux encore beaucoup m’améliorer quand il s’agit d’aller en falaise à la maison. J’essaie de réfléchir si j’ai réellement besoin de la voiture ou si c’est facilement faisable en train (quand j’ai travaillé “Prinzip Hoffnung” par exemple, c’était facile de prendre le train, et comme j’y allais seule la plupart du temps c’était souvent une non-prise de tête). Mais maintenant, surtout à la phase finale de mon projet dans “Speed”, j’allais beaucoup en voiture, parfois même seule, tôt le matin, ce qui est, à tous égards, un sacré trajet pour une excursion d’une journée.
En tout cas, je pense que c’est toujours un équilibre délicat entre motiver les gens à changer leurs habitudes de vie et de trop se concentrer uniquement sur les actions individuelles. Pour réaliser réellement une transition, nous devons aborder des changements systémiques au niveau politique. Les actions individuelles sont importantes pour montrer notre engagement et forger de nouveaux récits, mais nous ne pouvons pas résoudre cette crise uniquement en changeant notre consommation individuelle en termes de comportement. Quand bien même cela ne nous rassurerait en termes de responsabilité individuelle, nous avons besoin de changement aux deux niveaux.

Luisa Deubzer Speed intégrale 9a
Photo: José Cabrita

– Fais-tu seulement de la falaise ou t’intéresses-tu aussi aux autres facettes de notre activité ?
J’aime me faire botter les fesses et élargir ma zone de confort, c’est pourquoi j’aime le côté varié de l’escalade dans le sens large du terme. J’ai pas mal élargi mes compétences dans les autres formes d’escalade au cours des dernières années en tant que membre de l’actuel “Groupe des jeunes alpinistes” entièrement féminin de l’Alpine Club (même si je suis toujours nulle dans différentes formes d’alpinisme). Selon la saison, la météo et motivation, j’ai des périodes où je fais plus de glace et de mixte, je fais des grandes voies ou une montagne ici et là. En fin de compte, cependant, mes points forts résident dans l’escalade sportive.
Le lendemain de la réussite de “Speed”, je suis partie sur une grande-voie de difficulté modérée, pour la première fois cette saison sur du granite, et j’ai littéralement dû passer en artif les 5 derniers mètres d’une longueur en 6c +, parce que j’étais complètement épuisée et ne pouvais plus faire un seul mouvement. J’adore les jours comme celui-ci, ils t’invitent à rester humble et à garder la passion car ils sont stimulants et amusants, avec une vision différente de l’escalade sportive.

– Qu’est ce qui t’a amené à essayer cette voie, as-tu dû t’entraîner spécifiquement pour y arriver ?
Peux- tu nous en dire plus, sur comment ça s’est passé et ce que tu as dû mettre en place pour y arriver ?

Je suis allée régulièrement à Voralpsee ces dernières années car je n’habite pas très loin. J’ai toujours su que s’il y avait un endroit où je pouvais grimper fort, ce serait ici. Je pense qu’il est juste de dire que le style me convient très bien et en plus je m’y suis assez adaptée au fil des années. “Speed intégrale” m’a impressionnée dès le début, pour des raisons évidentes : elle remonte la barre sur la partie la moins prisue du mur et quand je regardais des gens essayer, ça avait l’air incroyablement dur.
Il y a 3 ou 4 ans, j’avais déjà essayé les mouvements de “Speed” ​​​​une journée et j’étais très surprise de pouvoir réaliser la plupart d’entre eux tout de suite, celà me semblait si loin de mon niveau à l’époque ! Depuis, c’était devenu un rêve de gravir cette voie un jour, mais j’étais assez convaincue que j’étais encore loin de mon but ultime en escalade sportive.

Cette année, c’était la première fois que je voulais l’essayer sérieusement à nouveau. Je savais d’avance que je devais m’y préparer cet hiver, je venais de commencer à bosser à la salle d’escalade et je me suis concoctée un plan d’entraînement de fou avec l’espoir d’amener mon escalade à un nouveau niveau.
Mais je me suis blessée à un doigt et à l’épaule avant même de pouvoir vraiment commencer mon entraînement… Tous mes projets se sont évaporés… J’étais convaincue que maintenant la chose que j’attendais tant, projeter “Speed”, était devenu totalement irréaliste.
Au cours de l’hiver, j’ai donc changé d’orientation et je suis devenue très motivée pour la glace et le mixte. Quand la saison s’est clôturée mon doigt allait mieux mais c’était pas encore parfait ; je pouvais quand même en faire plus et j’ai été motivée par “Prinzip Hoffnung”, qui s’est avéré non-traumatisant pour mes doigts et mon épaule : le projet parfait, n’exigeant pas un physique fou, mais étant assez exigeant en termes de mouvement, d’engagement au-dessus du point et de technique de coinceurs.
Quand j’ai recommencé à essayer “Speed intégrale” fin avril/début mai, mes deux épaules étaient enflammées car j’avais trop bourriné dans les dévers et mon doigt me causait encore des douleurs sur certaines prises, mais je je me sentais incroyablement bien dans mon escalade grâce à deux mois presque exclusivement en falaise. À ma grande surprise, au fil des séances de travail, mes douleurs aux épaules se sont estompées, tandis qu’avec le doigt je devais encore faire attention : pas surprenant, la voie assez sollicitante pour les phalanges n’est pas propice à la cicatrisation du doigt, et finalement, mon majeur, d’un autre côté, a commencé à me faire mal aussi… Mais en voyant un kiné (merci à Kathrin Dettling pour son incroyable soutien et à Klaus Isele pour avoir développé le traitement qui vraiment aidé mes doigts !) j’ai pu continuer de gérer et empêcher l’inflammation de se propager et devenir trop handicapante. Pourtant, c’était une inquiétude majeure car je devenais plus solide dans la voie et je me posais sans cesse la question de peut-être arrêter si mes douleurs dans les doigts s’aggravaient encore.
À mon grand étonnement, je continuais de progresser lors du travail de la voie. Je faisais des progrès lents mais réguliers de semaine en semaine. Je suis passée du travail dégaine par dégaine en me battant à des enchaînements de sections jusqu’en haut. Finalement, la section bloc avant la 3ème dégaine est devenue moins faible en pourcentage de réussite et après quelques séances supplémentaires, je me suis retrouvée soudainement au dernier crux de la première partie et je suis tombée.
Les températures devenaient vraiment très chaudes et je commençais à me demander si je n’avais pas raté le coche. Puis le lendemain j’y suis allée, comme ça, sans zipper des pieds ou tâtonner, j’ai de nouveau passé la partie dure du bas, j’ai fait le le mouvement où j’étais tombée la veille d’une manière assez solide, et, après avoir recaké et m’être refaite comme jamais, j’ai réussi à rester compacte dans l’extension et je me suis retrouvée au relais.
C’était vraiment spécial, et il m’a fallu du temps pour comprendre que tout s’était bien passé !
Les blessures lancinantes m’ont empêché de faire un entraînement spécifique pour la voie tel que je l’avais envisagé et m’ont forcée à me reposer beaucoup plus que je ne l’aurais fait autrement. Mais d’un autre côté, cela pouvait correspondre exactement à ce dont j’avais besoin pour devenir plus forte : davantage de repos. Et puisque faire du gainage était fondamentalement le seul entraînement que je pouvais faire régulièrement, j’en ai fait beaucoup et je suis absolument sûre que cela m’a fait beaucoup progresser. Même si l’entraînement n’était pas ce que j’avais prévu, ce n’est pas comme si j’avais fait “Speed intégrale” ​​depuis mon canapé, bien sûr. J’ai beaucoup grimpé en falaise ces derniers mois car je ne travaillais pas à plein temps. De plus, je pense que cela a aidé principalement à me libérer mentalement pour penser escalade et diminuer beaucoup d’autres stress. J’ai passé aussi pas mal de temps à faire de la visualisation quand je ne grimpais, il s’agissait de surmonter mes appréhensinos face à cette voie qui m’intimidait et aussi atténuer certaines limites autour de mes capacités.

Video: José Cabrita

– Tu es la deuxième femme a faire cette voie, pas piquée des hannetons, accordes-tu de l’importance au premières féminines ou, penses tu que c’est dépassé ?
Mhm, je ne suis pas sûre d’avoir une opinion tranchée là-dessus (ce qui est plutôt rare pour moi). Je pense que dans de nombreux cas, cela reflète encore les progrès réalisés par l’escalade féminine. Dans ce cas, relater les premières féminines a du sens à mon avis, du moins tant qu’il y a une différence générale de cotation entre les filles et les garçons en escalade.
Il y a beaucoup de premières féminines qui m’inspirent, donc je suppose que tu peux dire que je les estime, même si cela n’est évidemment pas la même chose qu’une première ascension. Mais en tout cas, cela ne s’applique pas vraiment aux secondes. 😉

– Je sais que tu aimes voyager. Où aimerais-tu aller prochainement pour pouvoir grimper et comment y intégrerais-tu la question climatique ?
Je ne dirais pas que j’aime particulièrement voyager. J’aime ce qui va avec, dormir dans la voiture/tente, être dehors toute la journée, pouvoir grimper tous les jours. Mais je n’ai pas besoin de voyager dans des endroits lointains pour cela, cette notion de voyage me suffit. Ces dernières années, j’ai séjourné principalement dans les Alpes, car c’est près et il y a encore tellement d’endroits où je veux aller (retourner). Mais la prochaine grande chose à venir l’année prochaine est l’expédition que nous prévoyons avec le Groupe de jeunes alpinistes. On s’est longtemps demandés où aller, surtout à cause de l’impact de l’avion. En fin de compte, il semble que nous nous soyons mis d’accord sur le Groenland, car même si vous voyagez un bon moment, les émissions sont la moitié de celles pour aller au Pakistan. Et vous avez la possibilité de faire potentiellement un grande partie du voyage sans voler, alors on verra…

– Qu’est-ce qui, pour toi, fait que tu as passé une bonne journée en falaise/à l’extérieur ?
Une journée en falaise peut être agréable de bien des façons. Certains jours, c’est parce que l’escalade donne une impression incroyable, vous avez fait des progrès inattendus, le rocher est stellaire, l’endroit est spécial ou la vue est belle. D’autres journées, vous avez fait beaucoup de blagues avec votre partenaire d’escalade ou avez eu une bonne conversation.
Parfois, il neige, le temps est maussade, c’était un peu tendu toute la journée, mais à la fin tu ressors avec un super feeling. Après, concrétiser aide toujours à passer une bonne journée ! 😉

– Tu es toujours super motivée et positive, d’où vient cette motivation ?
Je ne pense pas que tout un chacun reste éternellement toujours motivé et positif. Du moins personnellement je ne le suis certainement pas. je pense que nous voyons souvent les gens sous leur meilleur jour et on a tendance à oublier qu’on passe parfois par des moments plus compliqués… Cet automne par exemple j’étais assez déprimée et pas positive du tout quand je me suis blessée. Mais en général, quand ça va bien, c’est vrai que la motivation n’est pas un problème. J’avais comme habitude de me réserver une période avec moins de grimpe à la fin de chacune de mes années d’études et je pense que ce temps libre m’a beaucoup aidé à comprendre la valeur que l’escalade avait pour moi. Depuis, quand je n’ai pas été blessée, tout ce que je voulais faire, c’était grimper. De plus, je pense que cela maintient vraiment mon enthousiasme pour l’escalade, afin de pouvoir jongler avec d’autres disciplines comme la glace/l’alpin tout au long de l’année. Lorsque je ne fais que de l’escalade sportive que pendant une longue période, mes attentes augmentent généralement et le risque de frustration et donc de faible motivation est plus élevé.

Luisa Deubzer ice climbing
Photo: Dörte Pietron

– Tu n’es pas sur les réseaux sociaux et ça n’a pas l’air de te poser beaucoup de soucis.
Quelle influence cela a pour toi et comment cela t’influence ou pas ?

En fait, j’ai quand même Facebook et Twitter si cela compte toujours comme un réseau social ! 😉
Instagram, j’ai arrêté de consommer et de publier il y a un moment quand j’ai remarqué que ça me faisait me comparer à d’autres et me rendait anxieuse de rater un truc.
J’ai trouvé que beaucoup de gens que je respecte sont très discrets sur ce qu’ils font, ils ne sont pas sur les réseaux sociaux et semblent faire les choses principalement pour eux-mêmes. C’est pourquoi j’ai commencé à me demander pourquoi je publiais un certain contenu, et même s’il y avait aussi d’autres raisons, il m’a semblé que c’était de l’auto-promotion et que cela n’avait pas grand intérêt. Mais c’est bien sûr quelque chose de très personnel et qui peut être différent pour d’autres personnes.

– Qui te motive . As-tu des exemples chez les grimpeurs/grimpeuses qui t’inspirent ou te poussent à faire des voies dures ou ce n’est qu’une question de ligne qui t’inspire ?
C’est un peu cliché, mais je dirais mes partenaires de grimpe. Ils grimpent fort et ont toujours un tempérament agréable, une attitude décontractée en falaise. Aussi, j’ai grimpé plus avec des gens plus forts que moi toute l’année dernière et cela a probablement amélioré mon état d’esprit quand j’essaie des voies dures, car cela redistribue ta perception des standards de ce qui est vraiment dur. Du coup, des voies que je pensais trop dures pour moi dans ma tête depuis des années m’inspirent aujourd’hui.

Photo de couverture : DAV – Silvan Metz

Luisa Deubzer Speed intégrale 9a
Photo: José Cabrita

Very discreet but nevertheless fearsome German Luisa Deubze aka “Lulu'” has just done her first 9a, 2nd women 4 years after Barbara Zangerl, to climb “Speed intégrale” in Voralpsee, Switzerland. It’s the second ascent this year of the route after talented French-South African Mel Janse Van Rensburg (20 years old). “Speed intégrale” is also an iconic but also aesthetic route as an entry into the ninth degree. Since the beginning of the year Lulu sent the trad route “Prinzip Hoffnung” 10/10+ (8b+) in March, and then two 8c’s in the area climbed “rather fast for her standards” she said. We can only believe that they were a sign of maturity to achieve a route of this standard. More details in this interview and the video of the upper part of the route during the send.

– You are very discreet, can you tell us more about who you are, what you do in life?
I’m 28, I’ve been climbing for almost 20 years, doing comps in my youth, and my passion for
climbing is, to my own surprise, still growing every year. In the last year I have made climbing more of a priority, working part time in a climbing gym as instructor and setter in order to have more time. Recently now, I additionally started to work for a foundation that promotes sustainability and safety in the mountains.


I know that you are very invested in the environment, how does that translate into your everyday life and your climbing life?
Good question… First and foremost, it translates in the form of a lot of mindfucks about everyday life
decisions. Overall, I am trying to lessen my impact, yet there is a lot of room to do more, and my
efforts always ebb and flow.

The two things that have reflected my values the most consistently over time are being vegan for 7
years now and not taking the plane in the last 6 years.
These feel like they don’t demand a lot off me while they have a big impact on my personal footprint.
I think it is important to start where it feels the easiest for you personally and from there expand
your efforts. It is easy to let oneself be discouraged if you can’t do it perfectly and end up not do
anything.

I still can improve a lot when it comes to getting to the crag at home. I do try to think of whether I
need the car or whether it is easily feasible by train (when I projected “Prinzip Hoffnung” for example,
it was easy to take the train, and as a I was going there alone most of the time it often was a no
brainer). But now especially at the later phase of my projecting in Speed, I went a lot by car,
sometimes even alone, to be there early in the morning which is by any standards quite a drive for a
day trip.

In any case, I think it is always a tricky balance between motivating people to change the habits in
their life and to focus too much on individual actions only. To actually achieve a transition, we need
systemic changes on a political level. Individual actions are important to show commitment and to
forge new narratives, but we can’t solve this crisis only by changing our individual consumer
behaviour. Nevertheless, this does not let us off the hook in terms of individual responsibility, we
need change on both levels.

Luisa Deubzer
Photo: Daniel Benz

– Do you only do sportclimbing or are you also interested in other aspects of our activity?
I like getting my ass kicked and expanding my comfort zone, that’s why I really enjoy that climbing in
the wider sense is so varied. I have broadened my skills in the other forms of climbing quite a bit over
the last years as a member of the current all-female ‘Young Alpinist Group’ of the German Alpine
Club (although I still suck at these various forms of Alpinism). Depending on the season, weather and
motivation, I have periods where I ice and mixed climb more, do multipitches or a mountain here and
there. At the end of the day, however, my strengths do lie in sport climbing.
The day after sending Speed I went on a moderate multipitch, for the first time that season on granit,
and I literally had to aid up the entire last 5 meters of the the initial 6c+ pitch, because I was
completely spent and couldn’t do a single move anymore. I love days like this, they make it easy to
stay humble and keep the fire because they are challenging and fun in a very different way than sport
climbing.

– What led you to try this route, did you have to train specifically to achieve it?
Can you tell us more about how it happened and what you had to put in place to achieve it?

I have been to Voralp regularly over the last years because I live not too far away. I always knew that
if there was one place I can climb hard, it is here. I think it is fair to say that the style fits me very well
for some reason and in addition I have gotten quite adapted to it over the years.
Speed impressed me right from the beginning, for obvious reasons: it follows the white streak
through the blankest section of the wall and when I saw people on it, it looked incredibly hard.
3 or 4 years ago I had already tried the moves on Speed once and was very surprised that I could do
most of them right away since that was so far off my level back then. Since then, it had basically been
a lifetime dream of mine to climb this route someday, but I was pretty convinced this was far away,
my ultimate goal in sport climbing.

This year then was the first time I actually tried it again. I knew beforehand that that was the thing I
wanted to prepare myself for this winter, I had just started at the climbing gym and had big plans for
a crazy training regimen with the hopes of getting my climbing to a new level.
But I injured a finger and my shoulder even before I could really start with my plan. All my plans
evaporated. I was convinced that now the thing I had been looking forward so much, projecting
speed, had become totally unrealistic.

Over the winter I shifted focus therefore, and got very motivated for ice and mixed. When the season
was over my finger was still far from perfect, but I could do more again and got sucked into Prinzip
Hoffnung, which turned out to be very good for my fingers and shoulder and was the perfect project,
not demanding a crazy physique, but being quite demanding in terms of movement, the required
head space and gear beta.

When I started trying Speed end of April/beginning of May now both of my shoulders were inflamed
from too much steep climbing and my finger was still causing me trouble on some holds, but my
climbing felt amazing thanks to two months of almost exclusively climbing on rock.
To my surprise throughout the projecting process the shoulders became better, while with the finger
it remained a balance act: less surprising, the route was not conductive to healing the finger, and
eventually my middle finger on the other hand started hurting as well, but by seeing a Physio (Shout-
out to Kathrin Dettling for her amazing support and Klaus Isele for developing the treatment that really helped my fingers!) I was able to keep it manageable and prevent the inflammation from
spiraling out of control. Still, it was a major worry as I was getting more solid and solid on the route
that I might have to stop if my fingers got even worse.

To my amazement the projecting itself progressed quite well. I was making slow but steady progress
from week to week. From being maxed out climbing from draw to draw, soon I was making good
links to the top. Eventually the boulder section before the third draw became less low percentage
and after a few more sessions I found myself suddenly at the last crux of the first pitch and fell.
Temperatures were now actually getting really hot and I was starting to wonder whether I had
missed my shot. Then the next day I went, just like this, without further slipping of the feet or
fumbling I got through the hard bottom part again, did the move I had previously fallen on quite
solidly and, after shaking forever, managed to keep it together in the extension and found myself at
the anchor.

That was really special, and it took a while to understand that everything had actually worked out.

The nagging injuries prevented me from doing specific training for the route as I had envisioned it
and forced me to rest a lot more than I otherwise would have. But on the flip side that might have
been exactly what I needed to get stronger: more rest. And since doing core was basically the only
workout I could do regularly, I did a lot of it and I am absolutely sure this made me progress heaps.
Even though the training wasn’t what I had planned, it’s not like I did Speed off the couch, of course.
I did climb a lot on rock in the last months since I didn’t work full time. Furthermore, I think it helped
majorly that this freed me a lot of mental space to think about climbing and removed a lot of other
stress. I also spent quite a bit of time with visualization and mediation when I wasn’t climbing,
because so much was about overcoming the giant respect I had for this route and some limiting
beliefs around my capabilities.

Luisa Deubzer
Photo: Janina Reichstein

– You are the second woman to do this route, do you value female firsts or do you think it’s outdated?Mhm, I’m not sure I have a strong opinion on this (which is rather rare for me ). I do think that in
many cases it still reflects the progress female climbing is making. In this case they have their place in
my opinion, at least as long as there is a general difference in grade between the female and male
climbing population.

There are a lot of female firsts that inspire me, so I guess you could say I value them, even though it
is obviously not the same as an FA. But in any case, this doesn’t really apply to female seconds 😉.


– I know you like to travel. Where would you like to go in the near future to be able to climb and how do you integrate it the climate issue?
I wouldn’t say I like traveling particularly. I like what comes with it, the sleeping in the car/tent, being
outside the whole day, being able to climb every day. But I don’t need to travel to far away places for this, a notion traveling still has to me. The last years I have stayed mainly in the Alps, because it is
close and has still so many places I want to go (back) to.

But the next bigger thing that is coming up next year is the expedition we are planning with the
Young Alpinist Group. We pondered a long time where to go, especially because of the impact flying
has. In the end it looks like we agreed on Greenland, because even if you fly all the way, the
emissions are still half in comparison to Pakistan. And you do have the option to potentially do a
large part without flying, so let’s see…

– What, for you, makes a good day on a cliff/outside?
There are many ways in which a day at the crag can be good. Some days it is because climbing feels
amazing, you made unexpected progress, the rock is stellar, the place is special, or the view is good.
On other days you made a lot of jokes with your climbing partner or had a good conversation.
Sometimes, it is snowing, miserable weather, it was a bit tense the whole day, but at the end you
have a good feeling. Sending surely always helps. 😉

Photo: DAV- Silvan Metz

– You are always super motivated and positive, where does this motivation come from?
I don’t think anyone is always motivated and positive. At least I am certainly not. I think we just
often see people at their best and forget that that everybody struggles sometimes… This autumn for
example I was pretty down and not positive at all when I got injured.
But in general, when things are good, it is true that motivation is not an issue. I used to have a period
where I climbed a lot less after finishing school and I think this time off helped a lot to see the value
climbing had for me. Since then, when I wasn’t injured, all I wanted to do was climb.
Also, I think it really keeps my excitement for climbing alive to be able to shift the focus to different
disciplines like ice/alpine/sport throughout the year. When I only sport climb for a longer period my
expectations usually grow, and the danger of frustration and hence low motivation is higher.


– You are not on social networks and it doesn’t seem to be a big deal to you. What influence does it have on you and how does it influence you or it doesn’t?
Actually, I do have Facebook and Twitter if that still counts as social media 😉
Instagram, I stopped consuming and posting a while ago when I noticed it made me compare myself
a lot and caused constant FOMO.
I found that many of the people I respect are very low-key about what they do, they are not on social
media and seem to do things primarily for themselves. That’s why I started questioning why I was
actually posting what I was posting and even though there were other reasons as well, for me it came
down to self-presentation and didn’t add any value.
But that is of course something very personal and can be different for other people.

– Who motivates you, or do you have examples from other climbers that inspire you or push you to do hard routes or is it just a matter of the line that inspires you?
It’s a bit cliché, but I would say my rope partners. They try hard on the wall and still have a pleasant,
chilled attitude at the crag. Also, I have climbed more with people that are stronger than me in the
last year and that probably helped my attitude towards hard climbs, because it shifts your standard
of what is hard. In general, routes that years ago I had in my head as too hard inspire me.


Cover pic: DAV – Silvan Metz

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Dylan Chuat réalise Hyper Finale 9a+ – Dylan Chuat sends Hyper Finale 9a+

28 mai 2022 à 18:19

On vous avait déjà parlé de ses exploits, c’est cette fois sur le spot helvète du Rawyl que le grimpeur suisse Dylan Chuat a sévi dernièrement avec une répétition de “Hyper Finale” pour son premier 9a+. Cette voie mitoyenne du célèbre 8c+/9a “La Cabane au Canada” fait près de 40 mètres. Equipée par Bertrand Martenet et libérée en 2016 par Adam Ondra, “Hyper Finale” remonte l’impressionnant dévers de la falaise, et est ponctuée de teigneux pas de bloc, dont une dernière section particulièrement difficile malgré un repos pendu juste avant (crux final autour de 8A+/B bloc après un 9a de 35 mètres et un repos pendu). Ce n’est que la seconde ascension de la voie, de nombreux grimpeurs ayant répété le bas de la voie ayant préféré sortir dans la sortie directe plus facile, “Le voile de Maya” pour réaliser “Super Finale” 9a, que Dylan avait coché au début du mois de mai.

Explique-nous ce pas de bloc sommital qui semble compliqué à négocier, que tu es seulement le second à vaincre dans l’enchainement ?
“Tu fais tout le dur de “Super Finale” (9a) et tu bifurques à droite pour faire 2 sections. Une première section pas facile sur des croûtes à serrer qui finit par une prise de risque, un jump dans un bac. Après cela tu as encore un gros pas de bloc réputé très difficile sur des non-prises, que certains estiment à 8B ! Je fais une méthode sensiblement différente des gens qui ont essayé comme Sam Ometz. Adam Ondra est passé avec une pince plate main gauche pour aller vers un bi-doigt ou mono, remonter le pied gauche et aller loin d’un bon tridoigt. Malgré un bon pied, c’est dur de tenir ces prises dans un panneau à 35° et de viser cette prise dans ce mouvement dynamique vraiment loin. Dès ma première montée, j’ai rapidement calé la séquence et en partant du bac je tombais à ce mouvement, donc je me suis dit que j’avais mes chances. Niveau méthode, j’arrive à m’asseoir très fort sur un talon et faire un drapeau avec une prise minuscule qui me perce les doigts si je la tiens plus de 3 fois dans la séance. Cela me permet de faire un crawl dans ce bi/mono avant de dynamiser dans la prise finale. Ce qui est assez drôle au final, c’est que j’ai réussi qu’une fois cette section, et c’était lors de l’enchainement, un vrai hold-up ! J’étais parti pour mettre un run et voir dans quel état j’allais arriver après l’approche en 9a, voir si j’avais le jus de faire le bloc dans l’enchainement. Je pense que le pas de bloc me convient vraiment bien. Personne n’a réussi la section en entier après Adam et moi, pour moi pas moins de 8A+ bloc.”

Il s’agit donc de la voie la plus dure jamais réalisée par Dylan, bien que cela lui ait pris en tout seulement 7 séances, 5 pour réaliser “Super Finale” et 2 supplémentaires pour vaincre l’intégrale avec ce teigneux pas de bloc. A noter qu’auparavant, l’affûté couteau suisse empilait déjà les 9a comme sa chienne Panda les croquettes et donc ce dernier n’est sûrement pas encore à ses limites en escalade sportive… L’avenir nous le dira !

Photos : Rémi Degenne

Dylan Chuat - Hyper Finale 9a+

It was on the Swiss crag of Rawyl that the Swiss climber Dylan Chuat lately did an ascent of “Hyper Finale” for his first 9a+. This neighbouring route to the famous 8c+/9a “La Cabane au Canada” is nearly 40 meters long. Bolted by Bertrand Martenet and freed in 2016 by Adam Ondra, “Hyper Finale” goes throw the impressive overhang of the cliff, and is ended by rough final, including a particularly bouldery and difficult section despite a hanging rest just before (the final crux is estimated around 8A+/B boulder after an 35 meters 9a and a hanging rest). This is only the second ascent of the route, many climbers having repeated the bottom of the route having preferred to exit in the direct exit and easier final, “Le voile de Maya” for climbing “Super Finale” 9a, that Dylan already climbed at the beggining of May.

Tell us more about this final boulder, you are only the second climber to unlock?
You climb all the hard part of “Super Finale” (9a) and you go to the right to do 2 sections. First, a tricky first section on crimps which ends with a risk taking dyno into a jug. After that you still have a big boulder crux, known to be very difficult on non-holds, which some climbers estimate at 8B boulder! I do a significantly different method from people who have tried like Sam Ometz. Adam Ondra climbed with a flat pinch left hand to go towards a two-finger or mono, put the left foot and go away from a good three-finger pocket. Despite a good foothold, it’s hard to hold those kind of tiny holds in a 35° overhang and solve that really far dynamic move. AT my first try on it, I quickly found the sequence and starting from the jug I fell to this last move, so I told myself that I had my chances. In terms of beta, I manage to sit very hard on my heel and do a cross with a tiny crimpt that cut my skin if I hold it more than 3 times in the session. It allows me to do a cross in this bi/mono before the final move. What’s pretty funny in the end is that I only managed this section once, and it was during the send, a real hold-up! I did a try to see how were my power after the 9a approach, to see if I had enough strenght to do the boulder from the ground. I gave all and I did it! I think the boulder crux suits me really well. Nobody arrived to climb the whole section except Adam and me, so for me it’s no less than 8A+ boulder.

It’s for sure Dylan’s hardest route despite having not put a siege here with only 7 sessions, 5 to tick the 9a approach and 2 to link the top boulder. Before Dylan was crushing 9a’s like his dog Panda its kibbles. So his margin seems further. The future will tell…

Photo: Rémi Degenne

Dylan Chuat - Hyper Finale 9a+

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Michaela Kiersch écume Magic Wood – Michaela Kiersch crushing Magic Wood (+video)

27 mai 2022 à 20:34

Plutôt habituée du harnais et de la corde, l’américaine Michaela Kiersch a réalisé pas mal de belles réalisations en bloc depuis ce début d’année, avec entre autres en mars son premier 8B+ bloc avec “Hailstorm” à Ogden, ou encore le debout de “Meadowlark Lemon” (8A+/B) à Red Rocks. En voyage en Suisse actuellement, Michaela vient de réaliser une super semaine à Magic Wood avec pas moins de 2 8B blocs classiques (“Steppenwolf” et “Riverbed”) et le célèbre 8B+ des lieux, “New Base Line”. Ce dernier aura succombé en seulement 4 petites séances, une pour faire les mouvements et 3 autres pour l’enchainement !
À noter que Michaela partage son voyage avec Nina Williams et Alex Puccio, cette dernière cochant récemment aussi “Steppenwolf” (8B). Le trio infernal n’a peut-être pas fini de frapper ici ! Ci-joint la balade de Michaela dans “Riverbed” (vidéo non-coupée).

Rather accustomed to harness and rope, the American Michaela Kiersch has achieved quite a few bouldering feats since the start of the year with, among others, her first 8B+ in March with “Hailstorm” in Ogden, or the stand start of “Meadowlark Lemon” (8A+/B) in Red Rocks. Currently travelling in Switzerland, Michaela has just had a great week in Magic Wood by sending no less than 2 classic 8B boulders (“Steppenwolf” and “Riverbed”) and the most famous 8B+ of the area, “New Base Line”. This one got done fast in just 4 short sessions, one to learn the moves and the others to link!
Note that Michaela is on the road with Nina Williams and Alex Puccio-Alex recently claimed “Steppenwolf” (8B) herself. The infernal trio may not have finished crushing here! Above is Michaela’s seemingly relaxed walk up “Riberbed” 8B (uncut video).

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Film : Le Marathon de Katherine

27 mai 2022 à 12:16

Le documentaire “Le Marathon de Katherine” est désormais disponible gratuitement ! En octobre 2019, la grimpeuse suisse Kathy Choong réalisait son second 9a avec “Jungfraumarathon”, une ligne interminable de résistance sur le site de Gimmelwald (proche de l’Eiger). Découvrez la superbe ambiance alpine des lieux et les mouvements puissants de cette voie exigeante libérée en 2006 par Simon Wandeler ainsi que la personnalité de Kathy, persévérante, extrêmement méthodique et déterminée. Un beau film de 25 minutes signé Nicolas Falquet.

“J’ai commencé à bosser la voie en octobre 2018, mais il y a eu très vite la neige, j’ai pu y retourner au printemps, et j’ai pu le finir à l’automne après un été super chaud, cela m’a pris environ 60 essais !” résume-t-elle !

“Le Marathon de Katherine” documentary is now available for free! In October of 2019, Swiss woman Kathy Choong ticked her second 9a with “Jungfraumarathon”, an endless resistance route located in Gimmelwald, close to the Eiger. Discover the magnificent alpine atmosphere and the powerful moves of the route first ascended by Simon Wandeler in 2006. Learn about Kathy’s personality: methodical, hard-working, determined… A beautiful 25-minute long movie produced by Nicolas Falquet.

“I tried the route for the first time during the Fall of 2018 but snow came early. I continued to work the line during the next Spring and was able to send it the next Fall after a hot summer. It took me around 60 tries”.

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Kathy Choong empoche La Ramirole 8b, 150 m – Kathy Choong climbs La Ramirole 8b, 150 m

25 avril 2022 à 11:58

La Suissesse Kathy Choong continue son bonhomme de chemin et élargit sa liste de grandes voies extrêmes avec une nouvelle réalisation dans le Verdon après “Une jolie fleur” cet automne. En effet, accompagnée par son copain Jim, Kathy vient de réaliser la grande voie “La Ramirole” il y a quelques jours dans l’impressionnante baume du même nom. Il lui a fallu 6 journées au total pour réussir l’affaire : une journée pour découvrir, 3 journées de travail et un push la 5ème journée, où Kathy s’est avérée très proche de la réussite, avant de réaliser la grande-voie sans tomber la journée suivante. La longueur clé en 8b est très longue ; la première partie est très déversante avant une fin sur colos qui aboutit à un crux sur bidoigt où Kathy sera tombée deux fois lors de sa première tentative d’enchainement. Voici son commentaire suite à sa réussite :

“J’ai enchaîné à la journée toutes les longueurs de “La Ramirole” (8a+, 8a, 8b, 8a, 6c+ / 150m) dans une ascension parfaite sans chute ! Mais ce n’était pas du gâteau ! Chaque longueur était un long combat de résistance pour arriver jusqu’à la chaîne de cette voie que je rêvais de faire depuis longtemps. Mais il m’a fallu du temps avant de me sentir prête à affronter cet impressionnant mur déversant.

Jim mon partenaire était également proche de l’enchaînement, tombant en haut du 8b ! Partager cette aventure avec lui, partager avec lui la pression, la fatigue, les difficultés, la déception quand il est tombé mais également l’excitation, le soutien mutuel, les rires et les moments de joie après chaque longueur réussie ont fait de cette ascension une expérience incroyable !”

Photo de couverture : Julia Cassou

Kathy Choong Ramirole

Swiss climber Kathy Choong continues her multi-pitch ticklist with a new extreme send in Verdon gorge after “Une jolie fleur” this fall. Joined by her boyfriend Jim, Kathy just repeated “La Ramirole” few days ago in the impressive cave of left bank. She needed 6 days of work before succeeding: one for the discover, 3 of work, and a close push on the 5th day. The key pitch around 8b of “La Ramirole” is very long. After a first overhanging part you finish with a tufa and a two finger pocket crux where Kathy fell two times during her prvious push. Here is her comment:

“I sent “La Ramirole in a day without falling (8a+, 8a, 8b, 8a, 6c+), a perfect send! But it wasn’t a pice of cake. Every pitch is a resistance battle until the anchor of this route I was dreaming to complete. It took me a lot of time to be ready to climb in this impressive wall.
My boyfriend Jim was also close to send, falling in the upper part of the 8b! Sharing this adveture with him, the pressure, the tireness, the difficulties, the disappointment when he fell and the psyched, the mutual spport, the laughs and moments of joy after every success in the pitchs made this ascent an incredible experience!”


Cover Pic : Julia Cassou

Kathy Choong Ramirole

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Video: Solveig Korherr, La Cabane au Canada

20 avril 2022 à 10:07

En fin d’été dernier, la grimpeuse allemande Solveig Korherr était la 3ème fille à réaliser la “Cabane au Canada” au Rawyl en Suisse. Voici le video de Solveig en action dans cette voie d’endurance remontant planche déversante de 30 mètres de haut. Cette voie est connue pour être le second 9a à vue de l’histoire de l’escalade par Adam Ondra, certains répétiteurs s’accordant à dire que la voie pourrait valoir plutôt 8c+. Appréciez la belle ambiance alpine des lieux.

Last summer, Solveig Korherr was the 3rd woman to clip the anchor of “La Cabane au Canada”, Rawyl, Switzerland. Here is the video of Solveig climbing this endurance testpiece in a 30 meters wall overhang. This route is known as the second 9a onsight of climbing history by Adam Ondra, but some repetitors think it more 8c+. Watch the beauty of this alpine crag in the video below.

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Film : Swissway to Heaven

3 avril 2022 à 22:35

Sorti à l’été 2021, “Swissway to Heaven” est maintenant disponible gratuitement pour la postérité ! Retrouvez Cédric Lachat dans 5 grandes-voies alpines helvétiques majeures : Eiger, Rätikon, Gastlosen, Lauterbrunnen, Wenden… Un beau film produit par Guillaume Broust de 55 minutes. Featuring Nina Caprez, Roger Schaeli, Fabien Dugit, Tobias Suter,…

Notre chronique du film à lire ici

Out in June 2021, “Swissway to Heaven” is now available for free! This 55 minutes movie directed by Guillaume Broust is dedicated to 5 major alpine multipitch routes of Switzerland, all freed by Swiss pro climber Cédric Lachat. Featuring Nina Caprez, Roger Schaeli, Fabien Dugit, Tobias Suter,…

Our review about Swissway here

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Off the wagon, c’est terminé ! – Off the wagon off limits!

1 avril 2022 à 17:13

ATTENTION : POUR CEUX QUI NE L’AURAIENT PAS COMPRIS, CET ARTICLE EST UN POISSON D’AVRIL

Un des blocs les plus connus de Suisse, célèbre pour sa traversée athlétique et esthétique en no foot (un beau derviche) autant que pour sa cotation plutôt gentille, “Off the wagon”, situé à Val Bavona, a été vandalisé par le propriétaire des lieux, un agriculteur local !
Ce bloc découvert par le pionnier Dave Graham qui l’avait repéré en passant en voiture depuis la route à 50m, était devenu un grand classique ces dernières années. Shawn Raboutou avait rajouté un départ assis du charriot en 8C+, une première mondiale historique en bloc en matière de convention de départ.
Selon des sources locales, le propriétaire, fermier, a déclaré être “exaspéré de voir son pré envahi par des grimpeurs étrangers, avec leurs bonnets, leurs vêtements fluo, leurs gros crash-pads pour gravir un mur de 3 mètres de haut avec une réception plate, leurs cris bestiaux dérangeant la tranquillité du lieu… Et c’est encore pire quand ils utilisent leur spot pour grimper de nuit, on croirait une partie de loup-garou.” vocifère-t-il…

Depuis cette semaine ce dernier a restreint l’accès a son pré, plaçant un taureau sur la pelouse pour être sûr de ne pas voir trop de grimpeurs s’y aventurer. Pire encore, il a aussi détruit les prises du passage au marteau (qui, d’ailleurs, avaient tendance à grossir à cause de la surfréquentation), le rendant sans doute un peu plus plus difficile. Enfin la carriole a été ôtée, ce qui a au moins le mérite d’offrir un vrai challenge du sol dans la plus pure tradition éthique. “Off the wagon” suivra donc la même logique d’ouverture que “The Island”, dont la première version, un départ couché, à été proposée par un certain… Dave Graham (la boucle semble donc bouclée).

Apprenant la nouvelle, Charles Albert, grand amateur de grattons et de blocs bucoliques, s’est dit profondément ravi de cette détérioration, déclarant que “Pour le coup cela pourrait faire un réel défi, pas comme la version originale qui m’avait demandé moins d’essais que la plupart des blocs noirs du circuit de la crête Sud de Cuisinière. Mon deuxième challenge sera d’apprivoiser le taureau pour pouvoir le monter et faire des randos, prospecter plus loin que pieds nus pour trouver de nouvelles lignes majeures et surtout pouvoir retourner tranquille le soir dans ma grotte.”

En photo, Pol Roca, dernier lauréat du départ debout il y a 5 jours. En revanche, le brésilien Felipe Camargo qui travaillait lui aussi le problème ces derniers temps, sera le premier à devoir jouer au toréador. La partie semble loin d’être gagnée, ce dernier affirmant être diminué actuellement par une tendinite au coude l’empêchant de correctement tenir sa cape. A suivre…

Felipe a réussi à reprendre la carriole, s’échauffant en gardant un œil sur le taureau qui n’est pas loin et auquel il cherche à faire boire du Red Bull afin de le faire voir rouge…

WARNING: FOR THOSE WHO DIDN’T UNDERSTAND IT, THIS ARTICLE IS AN APRIL FOOL

One of the most notorious boulders in Switzerland, famous for its athletic and aesthetic campus rose-move, as well as for its rather soft grade, “Off the wagon”, located in Val Bavona, Switzerland was vandalized last night by the land owner, a local farmer. This boulder was discovered by bouldering-pioneer Dave Graham who had spotted it while driving by from the road 50 m away. This problem had become a classic in recent years, and even gained further interest after Shawn Raboutou added a sit start from the now-famous wagon, a historical first in terms of sit-start conventions.
According to local sources, the owner, a farmer, said he was exasperated to see his meadow crowded with foreign climbers, with their silly beanies, their flashy clothes and their beastly screams that disturb the tranquility of the place… “And it’s even worse when they use their spotlight to climb at night, like a werewolf party”, he added. Since earlier this week the owner has restricted access to his meadow, and now lets a bull roam the field to fend off climbers. Worse even, he also apparently damaged some of the holds with an hammer (holds which, by the way, tended to get bigger due to over use and excessively vigorous brushing!), arguably making it more difficult. Last but not least, the “wagon” was removed, which “now offers a truly ethical challenge from the ground in the purest tradition of bouldering, like “The Island” story”, said the land owner with a smug smile on his face. Hearing the news, Charles Albert, a great lover of small crimps and bucolic boulders, is rumored to have said that he was deeply delighted with this deterioration, declaring that “For once it could be a real challenge, unlike the original version which took me less attempts than most black problems of the Franchard Cuisinière circuit.I also planned to tame the bull to prospect further than barefoot and be able to return to my cave in the evening.

In photo, Pol Roca, latest victor of the stand start 5 days ago. On the other hand, the Brazilian Felipe Camargo who has also been working on the problem for the past few days, will be the first to have to play toreador. The battle promises to be fierce, the latter claiming to be currently diminished by an elbow injury. To be continued…

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Dylan Chuat libère un Bel été – Dylan Chuat frees Un Bel été

23 février 2022 à 23:01

“Un bel été” est un vieux projet de la falaise de St-Triphon en Suisse, une vieille carrière offrant des voies courtes et teigneuses. Deux voies en 9ème degré existaient déjà ici avec “Amazonie” et “Combinaison”. Equipée par Danone et rééquipée l’an dernier par Sam Ometz de manière plus logique, “Un bel été” attendait toujours d’être vaincu. C’est désormais chose faite grâce au jeune mutant Dylan Chuat (20 ans), qui après avoir réussi tous les mouvements, est tombé à tous ses essais au dernier mouvement, un jeté sommital… avant de réussir finalement la première ascension ce dimanche ! Après 8 séances dans la voie Dylan propose prudemment 9a, pensant que peut-être un petit + pourrait être de mise… Nous sommes allés à sa rencontre.

– Décris-nous la voie.
Alors la voie est vraiment hyper cool et variée ! Pour une voie très courte il y a une gestuelle vraiment dingue je trouve ! Surtout avec mes méthodes ! Environ 18 mètres, 25-30 mouvements selon les méthodes, sans repos.
On fait un départ pas simple et ensuite il y a un pas de bloc en bas avec une contre pointe très technique pour s’allonger sur une prise plate vraiment jolie, et là on saute sur une réglette dure à viser pour remettre presque un pied main, croiser sur une pince plate et finir une traversée pas facile et dure dans la tête parce qu’il faut éviter de tomber là vu qu’on saute la dégaine et que le pied est très bas et très glissant. Une section qui doit valoir 8A+ bloc environ je pense…
Après cette première partie il y aune suite de mouvements assez classes avec une grosse assise de talon pour prendre deux mini arquées dans une fissure, et là on attaque le dernier pas de bloc vraiment dur, je pense un gros 8A. C’est dur à coter mais en tout cas c’est bien plus dur que les mouvements des voies que j’ai essayés ou réalisés jusqu’à maintenant.
Depuis les deux mini arquées on fait un gros mouvement sur une bonne réglette et là il y a une horloge obligatoire à faire sur des prises pas très bonnes pour finir main droite sur la bonne arquée et main gauche sur une prise plate très fuyante que moi perso je préfère arquer !
Et là il y a le jump, on va bloquer loin sur un mini inverse vraiment pas bonne et pas positivée du tout avec un pied droit haut dans la fissure du dessous et aucun pied gauche et on doit tirer fort sur cette inter pas bonne en inverse avec le corps très bas pour se ruer dans un bac qu’il faut bien viser sinon on s’arrache toute la peau !

– Ce jeté final qui est le crux, pour pimenter l’affaire… Que penses-tu du niveau ?
Le jump final est méga spécifique à faire au début, je me suis dit que c’était une méthode pas terrible et j’essayais de jeter depuis plus bas encore mais impossible, alors j’ai appris à le faire et très vite je suis tombé ici en ayant plus aucune énergie avec le bas qui me pompait tout l’influx…
Mais ensuite je suis arrivé plus frais en haut et je suis encore tombé pas mal de fois avec le bac dans la main alors que dans ma tête c’était pas possible de le lâcher si je l’avais donc c’était devenu mental… J’ai fait une pause, je n’y suis plus retourné pendant un moment et le jour où j’ai fait j’ai réussi à regarder la prise d’arrivée dans la préparation du mouvement, quand j’avais l’inter. Je me suis dit que c’était impossible de tomber, et effectivement ça a marché ! Je commençais à me dire que c’était peut être plus dur que 9a vu que j’avais déjà mis beaucoup plus de séances que dans tout les 9a que j’ai réalisés jusqu’à maintenant, mais je ne suis pas du genre à tout surcoter pour rien… et je pense que j’ai failli mentalement dans ce mouvement de jeté. Les grimpeurs suivants affineront…

Photos: Lena Schenkel

“Un bel été” is an old project of the crag of St-Triphon in Switzerland, an old quarry offering short and powerful routes. Two routes in 9th degree already existed here with “Amazonie” and “Combinaison”. Bolted by Danone and rebolted last year by Sam Ometz last year in a more logical way, “Un bel été” was still waiting to be freed. It’s now done thanks to the young gun Dylan Chuat (20 years old), who after sticked all the movements, fell on all of his attempts on the last move, a tricky dyno…before finally succeeding with the first ascent this Sunday! For the grade, he cautiously gives 9a, thinking that perhaps a little + could be possible… Talk with him…

– Describe the route.
So the route is really super cool and varied! For a very short route there are some really crazy moves I think! Especially with my betas! Around 18 meters. 25-30 moves depending your betas, no rest.
You do a “not so easy” start and then there is a bouldering entrance with a very technical tooehook in order to grab a slopy edge, and there you jump on a crimp, after a cross on a slopy pinch it’s hard in the head because you have to avoid falling there since you skip the quickdraw and the foot is very low and slippery. A section that must be around 8A+ boulder I think…
After this first part there is a series of fairly classy movements with a big heelhook to take two mini crimps in a crack and there you attack the last boulder, I think around 8A, it’s hard to grade but in any case it’s much harder than the moves of the routes that I have tried or sent so far.
From the two mini crimps you do a big move on a good redge and there is a clock to do on not bad holds to end up with the right hand on the good one and the left hand on a very bad sloper that I personally I prefer to crimp!
And there is the jump, you have to go far with a small undercling intermediar and bad feet…

– This final jump which is the crux, adding spices to the affair… What do you think of the level?
The final jump is mega specific to do at the beginning, I thought it was a poor method and I tried to jump from lower holds but it was impossible, so I learned how to do it and very quickly I fell here having no more energy with the beginning which pumped me as hell…
But then I arrived more fresh at the top and I still fell quite a few times with the jug in my hand while in my head it was not possible to let go if I got it, so it became a little bit mental.. I took a break, didn’t go back to the route for a while and the day I did I managed to watch the final hold when I got the intermediar and I told to myself that it was impossible to fall, and indeed it worked, but I began to think that it was perhaps harder than 9a since it took me many more sessions than in all 9a’s what I’ve done so far…but I think I failed mentally on this jump move…Next climbers will see…

Photos: Lena Schenkel



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Valais : Théo Chappex libère Ten Criminals 8C – Valais: Théo Chappex frees Ten Criminals 8C (+ interview)

7 février 2022 à 11:52

A un mois près, il aurait presque pu se retrouver inclus dans la news précédente ! Le grimpeur Suisse Théo Chappex, presque 40 ans, est un des bloqueurs les plus actifs de sa vallée depuis longtemps, avec de nombreuses premières ascensions et répétitions difficiles qui passent complètement sous les radars. Théo vient de réaliser la première ascension de “Ten Criminals” 8C à Pralong, une ligne qu’il convoitait depuis 4 ans ! C’est sa seconde ouverture dans le niveau après “Meithra”. Nous avons tenté de lui tirer les vers du nez !

– Peux tu te présenter rapidement ?
Théo Chappex, 40 ans dans un mois.

– Tu sembles accorder de l’importance à l’ouverture en bloc ? Qu’est ce qui te plait dans le processus de réaliser une première ascension ?
J’ai l’impression que ça s’est développé naturellement, notamment à cause de la région dans laquelle j’habite où il n’y a pas de grand secteurs de bloc. Et dans la majeure partie des cas, les blocs sont isolés. Il y a donc toujours eu beaucoup à ouvrir et relativement peu de volume concentré comme on peut le connaître au Tessin par exemple.
Peut-être aussi parce que j’ai commencé le bloc à une époque où il y avait encore un gros potentiel d’ouverture dans la région, on avait vraiment cette culture de l’ouverture étant donné que très peu de choses étaient développées.
Le fait que ce soit une première ascension m’importe peu dans l’absolu, j’aime surtout éviter les foules et être perdu en montagne seul ou en petit comité.

– Comment fais-tu pour trouver des lignes ? Ballades ? bouche à oreille ? Google Earth ? En plus de la ligne, le cadre a l’air important pour toi.
Je vais en montagne depuis tout jeune, d’abord avec mon père puis avec des potes. Donc j’ai découvert ces blocs principalement via l’alpinisme, la rando à ski ou parfois même lors d’approche pour aller faire de la cascade de glace. Avec le temps je commence à connaître un peu tous les recoins isolés de la région et il me reste une liste énorme de projets à ouvrir… il faudrait plus de temps ou être plus fort pour tout faire !

– Après “Meithra” en 2018, tu ouvres une 2e proposition en 8C avec “Ten Criminals”. Décris-nous le passage.
C’est une ligne qui part assis à gauche de “Manhattan Reine Cantonale” (un 8B+ mythique que j’avais ouvert en 2016). La ligne fait 16 mouvements et se termine dans la dernière section de “Manhattan R.C.” Globalement je pense qu’on peut séparer la ligne en deux sections de 8A+/B et 8B sans transition. J’ai trouvé que la ligne était très exigeante, longue, avec une difficulté des mouvements globalement croissante. Ça a été un gros challenge personnel.
La ligne n’est pas aussi pure et directe visuellement que “Manhattan R.C”., mais l’escalade dans la première section y est bien plus classe. Avec une première section traversante ayant une gestuelle assez atypique… un chef d’œuvre !

– Comment s’est passé le processus de travail de ce bloc ?
C’est 4 ans de séances durant les mois les plus froids. J’estime qu’il m’a fallu environ 40 séances sur cette période. En creusant peut être qu’il y en a eu 50…? Je pense avoir touché là mes limites en termes de nombre de séances (j’espère en tout cas !). Malheureusement j’ai vraiment manqué de régularité et je finissais toujours la saison sur un échec. Du coup ça a traîné en longueur et le combat est devenu plus psychologique que physique.
L’hiver passé j’ai fait une session avec un pote qui travaillait “Manhattan R.C.” Lors d’un essai il a cassé la moitié de la dernière réglette du crux final ! Heureusement j’ai rapidement pu refaire ce mouvement, mais ça a rendu la ligne encore plus dure. Physiquement et mentalement…
Par moments j’en avais marre de ces mouvements que je connaissais par cœur, mais j’avais investi trop de temps pour abandonner… Puis finalement la motivation est revenue, avec une meilleure forme physique, et ça l’a fait ! Je soupçonne que l’installation d’une Moonboard à la maison y soit pour quelque chose… Lors de la première séance cette saison j’ai senti que j’étais plus puissant dans les crux et ça m’a mis en confiance.

– Tu vis dans le Valais. Parle-nous du potentiel ici. Les spots déjà existants et ce qu’il reste à développer.
Le Valais, c’est beaucoup de petits secteurs, voire même souvent des lignes isolées un peu éloignées. Le potentiel de développement consiste principalement en des lignes isolées ou des petits secteurs de moyenne/haute-montagne.
Le risque c’est que ces blocs isolés, après l’ouverture, retombent dans l’oubli. C’est déjà le cas pour certaines lignes que j’ai ouvertes… mais en fait ce n’est pas très grave. Je trouve qu’on n’est pas toujours obligé de laisser une trace indélébile. J’aime l’idée que certaines lignes perdent toute trace de grimpe et que d’autres grimpeurs puissent redécouvrir l’endroit.
Après, évidemment que quand je mets autant d’énergie pour ouvrir une ligne comme “Ten Criminals”, j’ai envie de le dire ! On est tous pareil !

– Quels sont tes projets les plus fous en bloc ?
La liste est longue… les plus fous ne sont probablement pas les plus durs mais les plus éloignés, les plus alpins !

Photos : coll. Marie Dorsaz

Théo Chappex Ten Criminals

Within a month, we could included him in the previous news! Swiss climber Théo Chappex, almost 40, has been one of most active climbers for a long time in Valais, with many tough first ascents and repeats in his valley, completely under the radar. Théo just completed the first ascent of a new testpiece, “Ten Criminals” 8C in Pralong, a line he has been projecting since 2018 ! This is his second first ascent in the 8C range after “Meithra”. More infos about this new addition with him.

– Can you introduce yourself shortly?
Théo Chappex, in a month I will turn 40.

– You seem to give importance to first ascent in bouldering?
I have the impression that it was quite natural for me, in particular because of the region where I live where there’s no huge bouldering area. And in most of cases, the boulders are isolated. There is a lot of boulder to open and relatively little concentrated area like in Ticino for example.
Maybe also because I started bouldering at a time when there was still great potential for new developments in the region, we really had this first ascent culture because few aeras were explored.
The fact that it’s a first ascent doesn’t matter to me in absolute terms, I especially like to avoid crowds and be lost in the mountains alone or with a small group of friends.


– How do you find new lines?
I have been going to the mountains since I was very young, first with my father then with friends. So I discovered these boulders mainly through mountaineering, ski touring or sometimes even when approaching to go ice climbing. Over time, I begin to know a little about all the isolated areas of the region and I still have a huge list of projects to open… It would take more time or be stronger to do everything!

– After “Meithra” in 2018, you just open a second proposition in 8C with “Ten Criminals”. Describe the passage.
It’s a line that starts sitting to the left of “Manhattan Reine Cantonale” (a mythical 8B+ that I opened in 2016). The line is 16 moves long and ends in the final section of “Manhattan R.C.”. I think we can split the line into two sections of 8A+/B and 8B without transition. The problem is very demanding, long, with generally increasing difficulty. It was a big personal challenge.
The line is not as pure and direct visually as “Manhattan R.C”., but the climbing in the first section is much more cool. With a first traverse section with uncommon moves… a masterpiece!


– How was the process for “Ten Criminals”?
It’s a 4 years process with sessions during the coldest months. I estimate that it took me around 40 sessions over this period. Maybe more, 50? I think I have reached my limits here in terms of number of sessions (I hope anyway!). Unfortunately I really lacked consistency and I always ended the seasons with a failure. So it was long and the fight became more psychological than physical.
Last winter I did a session with a friend who worked “Manhattan R.C.” During a go he broke half of the last crimp in the final crux! Fortunately I was able to quickly stick again this move, but it made the line even harder. Physically and mentally…
Sometimes I was fed up with these movements that I knew by heart, but I had invested too much time to give up… Then finally the motivation returned, with better physical shape, and it finally worked! I suspect that the arrival of a Moonboard at home has something to do with it… During the first session this season I felt that I was more powerful in the cruxs and that gave me confidence.

– You live in Valais, Switzerland. Tell us about the potential here.
Valais is full of many small sectors, often even isolated lines a little far away. The development potential consists mainly of isolated lines or small medium/high mountain sectors.
The risk is that these isolated boulders, after opening, fall back into oblivion. This is already the case for some lines that I have opened… but in fact it’s not very serious. I find that we are not always obliged to leave an indelible mark. I like the idea that some lines lose all trace of climbing and that other climbers can rediscover the place.
Afterwards, obviously when I put so much energy into opening a line like “Ten Criminals”, I want to promote it! We are all the same!


– Which craziest bouldering project will be next?
The list is long… the craziest are probably not the hardest but the most distant, the most alpine!

Photos : coll. Marie Dorsaz

Théo Chappex Ten Criminals

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Ces quadras toujours au sommet de leur art en bloc – These boulderers in their forties who are still at the top of their game (+videos)

6 février 2022 à 12:08

Inoxydables ! Malgré les années, certains pionniers du bloc maintenant quadras sont toujours particulièrement actifs, avec de récents développements.

A Bleau, Olivier Lebreton, 45 ans, récent champion de France vétéran de bloc, tient toujours la grande forme. En ce début d’année 2022 Olivier vient de concrétiser deux projets qu’il avait parmi les blocs majeurs de la forêt, “Partage assis” 8B à Buthiers et “The Big Island” 8B+/C au Coquibus Rumont. Les deux réalisations sont présentées dans la vidéo ci-dessous.

Dave Graham, 40 ans, passe lui la saison hivernale en Suisse sur les blocs du Tessin avec une répétition du méga highball “Roadkill” 8C à Val Bavona juste avant Noël, une double croix avec notre frenchie Clément Lechaptois. Ce gros pavé ouvert en 2020 par Shawn Raboutou avait déjà vu précédemment des répétitions de Jimmy Webb et Kim Marschner. Dave (qu’on peut considérer comme un des acteurs majeurs du développement de l’escalade sportive US ces 20 dernières années avec Chris Sharma) semble toujours au sommet de son art. Appréciez la qualité de sa gestuelle et sa technique dans le bloc dans la vidéo ci-dessous. Un délice !

D’autres quadras, plus discrets serrent encore fort les prises…
En Grande-Bretagne, Dave McLeod 43 ans, est de retour aux affaires après une blessure au coude. Dave vient de réaliser la seconde ascension de “Below zero” 8B+ à Rooftown, un projet qu’il avait depuis de longs mois et dont il s’est fait piquer la première par Will Bosi. Le processus de travail du bloc est décrit dans la vidéo ci-dessous.

Plus à L’Est, Bernd Zangerl est toujours à fond dans l’extrême, bossant dernièrement sur un projet vieux d’une décennie…Tout comme Klem Loskot, qui, aux dernières nouvelles, est toujours très actif bien qu’il soit silencieux sur les réseaux.

Evidemment traiter du sujet sans évoquer Dai Koyamada serait une erreur. Depuis la casse intentionnelle des prises de son 8C+ “Nayuta” au Japon en 2018 ainsi que de certains autres de ses projets et premières ascensions, le pionnier du bloc nippon, 45 ans, se fait plus discret concernant ses ouvertures. Dai a quand même réalisé plus d’une dizaine de premières ascensions de bloc dans le 8ème degré en 2021, et développe en concertation avec le gouvernement local plein de nouveaux blocs dans la zone très vaste d’Hinokage (à Kyushu, au Sud de l’Archipel) là où se trouve déjà “Eternal” qu’il avait établi en 2013. Il s’y trouve un potentiel de blocs durs encore très important, peut-être là où se trouve le futur du bloc naturel au Japon. A suivre !

quadras bloc

Unstoppables! Despite the years, some bouldering pioneers now in their forties are still particularly active with recent developments.

In Font, Olivier Lebreton, 45, recent veteran French bouldering champion is still in great shape. This beginning of the year 2022 Olivier has just completed two projects he had among the major boulders of the forest, “Partage assis” 8B at Buthiers and “The Big Island” 8B+/C at the Coquibus Rumont. These two achievements are presented in the video above.

Dave Graham, 40 years old, is spending all his winter in Switzerland on the boulders of Ticino with a repeat of the “Roadkill” 8C mega highball in Val Bavona just before Christmas, a double send with our Frenchie Clément Lechaptois. This big pice of rock was opened in 2020 by Shawn Raboutou and had previously seen repeats by Jimmy Webb and Kim Marschner. Dave, who can be considered one of the major actors in the development of US sportclimbing over the past 20 years with Chris Sharma, always seems to be at the top of his game. Appreciate the quality of his climbing and his technical skills in the boulder in the video above. A delight!

Other climbers in their forties, more discreet, are still strong.
In Great-Britain, 43-year-old Dave McLeod is back to affairs after an elbow injury. Dave just completed the second ascent of “Below zero” 8B+ at Rooftown, a project he had for many months. The first ascent of this line was stolen recently by Will Bosi. Dave’s process on this boulder is described in the video above too.

Further East, Bernd Zangerl is still climbing hard, lately working on a decade-old project…just like Klem Loskot, who, according to the latest news, is still very active in bouldering despite being silent on social media.

Obviously, dealing with this subject without mentioning Dai Koyamada would be a mistake! Since the intentional brake of the holds of his 8C+ “Nayuta” in Japan in 2018 as well as some of his other projects and first ascents, the 45-year-old Japanese bouldering pioneer has been more discreet about his developements. Dai has still made more than a dozen of bouldering first ascents in the 8th degree in 2021, and is developing in consultation with the local government many new boulders in the very large area of ​​Hinokage (in Kyushu, South of Japan) where is already “Eternal” which he established in 2013. Here is still very important hard bouldering potential, perhaps where the future of outdoor bouldering in Japan is…To be continued !



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Alizée Dufraisse s’offre Versace 8B – Alizée Dufraisse ticks Versace 8B (+ interview & video)

23 janvier 2022 à 20:04

L’expérimentée grimpeuse française Alizée Dufraisse vient de réaliser la première féminine d’un des blocs les plus jolis du Tessin (Suisse), “Versace” 8B à Brione. Ouvert par Daniel Woods et Jimmy Webb en 2020, ce toit offre une escalade ludique sur de superbes préhensions avant un réta particulièrement piégeux tout en en relances en équilibre sur un talon. A coup sûr un futur classique dans le 8B. Nous en profitons pour faire le point avec Alizée, tout en appréciant la vidéo de son essai victorieux. C’est la première ascension féminine de ce bloc, et déjà le 5ème 8B pour Alizée !

– Pourquoi être allée en Suisse cet hiver toi qui généralement travaille La Rambla en hiver ? Comment tu gères le froid ?
Pour changer un peu !! On est arrivés fin octobre mais on hésitait quand même entre Espagne encore ou changer, tout en sachant, pour moi, qu’aller en Suisse ça allait me demander de m’adapter à la grimpe sur granite (car je n’en ai quasiment jamais fait), à regrimper en bloc et retrouver les sensations avec de la hauteur, des chutes, et surtout bien évidement le froid et j’ai mis pas mal de temps à trouver mes marques ! La solution pour moi est de grimper avec des chaufferettes dans mes pantalons, je grimpe avec deux ou trois pantalons et j’essayais au maximum d’avoir doudounes et pantalon-doudoune quand je ne grimpe pas.

Pourquoi as-tu jeté ton dévolu sur “Versace” ?
D’abord parce que j’ai de suite été super inspirée par le lieu, la rivière, ce bloc est un peu isolé et je m’y suis sentie bien. J’ai passé le premier mois après notre arrivée à essayer de me mettre dans le style en essayant plusieurs blocs plus faciles. À vrai dire aussi j’avais une appréhension de la hauteur en bloc et de la chute puis ensuite j’ai voulu trouver deux projets, un qui est haut et l’autre moins. Du coup j’ai commencé à travailler “Versace”, qui ne fait pas trop peur, et en même temps je travaille “Héritage” qui est plus impressionnant.

– Combien de séances as-tu mis, comment s’est passé le travail ?
J’ai fait 15 jours dans le bloc en tout. Dès le début j’arrivais à faire des assez bon enchainements et donc j’ai vu que c’était possible. En revanche il m’a fallu beaucoup de temps pour le réta final, qui paraissait pourtant être la section où je serais le mieux… Il m’a fallu 3 séances pour faire le mouvement, puis je n’y suis plus arrivée pendant deux séances… Cela me rendait folle, de pas comprendre exactement ce qui faisait que j’y arrivais ou que j’y arrivais pas… du coup difficile d’avoir confiance en moi dans les essais du départ… Petit à petit j’ai vraiment compris quelles étaient les subtilités, les positions qui faisaient que je faisais le mouvement et j’ai compris comment avoir ces positions du départ, mais ça a pris du temps, tout un processus…

As-tu déjà d’autre projets pour 2022 ?
Plein de projets oui, continuer ici dans le Tessin et sûrement Magic Wood en suivant avec d’autres blocs de cette difficulté mais aussi essayer la cotation supérieure, que je n’ai encore jamais réalisée en bloc. Et surement été/automne refaire des voies et essayer de retranscrire la force que j’aurai pris dans les voies !

Photo : Kim Marschner

The French Alizée Dufraisse has just completed the first female ascent of one of the nicest boulders in Ticino (Switzerland), “Versace” 8B in Brione. Opened by Daniel Woods and Jimmy Webb in 2020, this roof offers fun climbing on superb holds before a particularly tricky mantle while balancing on a heel. For sure a future classic in the 8B range. We take this opportunity to ask a few questions at Alizée while enjoying the video of her victorious send. It ‘s the first female ascent of this boulder, and already the 5th 8B for Alizée! 

Why did you go to Switzerland this winter, you who usually work La Rambla in winter? How do you manage the cold?

For a change!! We arrived at the end of October but we were still hesitating between Spain again or changing, knowing, for me, that going to Switzerland was going to require me to adapt to climbing on granite (because I rarely have any done), to do bouldering agin and find the good feeling with height, falls, and above all of course the cold and it took me a long time to find my marks! The solutions for me for the cold are to climb with warmers in my pants, I climb with two or three pants and I tried as much as possible to have down jackets and pants down jackets when I were not climbing.

How did you chose “Versace”?

Firstly because I was immediately super inspired by the place, the river, this boulder is a little isolated and I felt good there. I spent the first month after we arrived trying to get in the style in several easier boulders. To tell the truth also, I had an apprehension of the boulder height and the fall then then I wanted to find two projects, a high one and an an other less. So I started working on “Versace”, which isn’t too scary, and at the same time I’m working on “Heritage” which is more impressive.

– How many sessions did you put in, how was the process until the ascent ? 

I did 15 days in the boulder in all. From the start I was able to do pretty good links and so I saw that it was possible. On the other hand, it took me a long time for the final mantle, which nevertheless seemed to be the section where I would be the best… It took me 3 sessions to do the movement, then I couldn’t do it for two more sessions… It was driving me crazy, not understanding exactly what made me succeed or not… so it was difficult to have confidence in myself while starting to climb the boulder… Little by little I really understood what the subtleties were, the positions that evolved as I did the movement and I understood how to have these positions from the beginning, but it took time, a whole process…

– Do you already have other projects for 2022?

Lots of projects, yes, some here in Ticino and surely Magic Wood following with other boulders of this grade but I would like to also try higher grades, which I have never yet realized in bouldering. And surely summer/autumn redoing routes and trying to use the strength that I would have won on the routes! 

Photo Kim Marschner

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Lamb, Bertone, Raboutou, Ise : les dernières infos en bloc de la semaine – Lamb, Bertone, Raboutou, Ise : latest weekly bouldering infos

16 janvier 2022 à 10:26

En plus des deux croix pour les françaises Loury et Bertone, d’autres infos remarquables sont encore à relater cette semaine en bloc.

*** Katie Lamb s’offre son 3ème 8B+ avec un classique de Buttermilks (Bishop) en Californie, “Direct North”. Cette ligne ouverte par le local des lieux Shawn Diamond en 2009 démarre assis au pied de l’imposante boule caractéristique des lieux de Grandma Peabody. C’est une sortie directe plus difficile du 8B classique de “Direction”. Le problème propose une escalade athlétique et assez longue (12 mouvements difficiles) dans un dévers sur arquées. C’est déjà le 3ème 8B+ bloc de la grimpeuse américaine de 24 ans qui avait réalisé l’été dernier les ultra-classiques “Jade” et “New Base Line”.

*** La collante se poursuit à Fontainebleau : Malgré des conditions un poil plus humides jeudi, Max Bertone (14 ans) a comme sa sœur profité de la collante cette semaine pour réaliser son second 8B bloc avec le magnifique “Saruman du bas” à Cuvier Sorcières (derrière le Rempart). Ce bloc assez récent (2017) mais majeur a été découvert et ouvert en départ débout par Guillaume Joubert (8A) avant que Nico Pelorson n’ouvre le départ bas dans la foulée. Un bloc magnifique très bleausard tout en sensations, compression, et talons sur une arête déversante. Voici la vidéo du run gagnant du jeune réunionnais qui avait déjà empoché le debout en 2020.

*** Brooke Raboutou dans le Tessin : On l’avait quittée à Red Rocks avec “Trieste”, son projet en bloc naturel de 2021, la championne franco-américaine découvre actuellement les blocs du Tessin en Suisse. Brooke vient de réaliser la première féminine de “La Proue” 8B classique de Cresciano, tout en blocages sur réglettes plates et pieds à plat…

Brooke Proue
Photo: coll. Finn Stack

*** Vidéo d’Hallucination 8C+ : Le japonais Kazuma Ise, 19 ans, nous offre la vidéo de son run de “Hallucination” 8C+, proposant une grimpe impeccable et spécialité japonaise, un réta des plus moussus. Le crux sur mono a l’air bien sordide, pour un des passages les plus durs du pays avec les 4 autres 8C+ du pays du soleil levant : “United”, “Floatin”, “Nexus” et “Nayuta” (cliquez sur l’image pour voir la vidéo)

More bouldering sends this week after the 2 nice ticks by French women!

*** Katie Lamb offers her 3rd 8B+ boulder with a classic from Buttermilks, Bishop, California, “Direct North”. This line opened by local Shawn Diamond in 2009 is a sitstart of Grandma Peabody’s giant bowl. It’s an harder exit of classic 8B called “Direction”. The problem proposes an athletic and long climb (12 hard moves) on crimps in an overhang. It’s Katie’s 3rd 8B+ after the send of “Jade” and “New Base Line” last summer!

*** Sticky conditions in Font continue: Despite a little bit of humidity on Thursday, Max Bertone (14 years old) could take profit of cold and quite dry conditions in Font like his sister. He just climbed his second 8B boulder with “Saruman du bas” in Cuvier Sorcières (a little bit behind Rempart). This recent gem was discovered and opened by Guillaume Joubert for the stand (2017, 8A) and Nico Pelorson added immediatly an 8B low start. A very beautiful boulder, Font style, smooth climbing, compression on sloper, heelhooks and some balancy moves on an overhanging arete. The video of the send in the video juste above.

*** Brooke Raboutou is currently visiting Ticino, Switzerland with the first female ascent of Cresciano’s classic, “La proue” with slopy edges, poor feet and body tension required…

*** Video of “Hallucination” 8C+: Japan young gun Kazuma Ise, 19 years old shares the video of his send of “Hallucination” 8C+, with a very smooth climbing and a tricky mantle in the moss (!). The crux on monos looks insane, for one of the most difficult problem of the country with the 4 other 8C+ “Floatin”, “United”, “Nexus” and “Nayuta”. (Click on the image above for the video).

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Tranche de bloc helvète – Swiss bouldering action

4 janvier 2022 à 20:15

Après le fois gras et la bûche, un peu de tranche de bloc helvète ! Alors que l’allemand Yannick Flohe vient de réussir le passage cette semaine en en signant la 7ème ascension, le local Giuliano Cameroni nous présente la vidéo de sa réussite dans le panneau désormais iconique de Val Bavona, “Off the Wagon” 8C+, un des passages parmi les plus durs du pays. Une croix avec des méthodes spéciales, Giuliano préférant serrer une arquée et relancer plutôt que de réaliser l’extraordinaire derviche no foot qui a fait la renommée du bloc. Pour le grand mouvement il a essayé en vain une autre méthode par un bidoigt arqué des plus horribles…


Pour être complet sur le passage, Sergei Topishko nous propose aujourd’hui aussi une revue des prises du départ bas.

Foie gras and Christmas pud, move aside! While the German Yannick Flohe has this week claimed the 7th ascent of the campus board testpiece, local Giuliano Cameroni releases the video of his send of the iconic boulder of Val Bavona,Off the Wagon” 8C +, one of the toughest lines in the country. The tick required special methods, with Giuliano preferring to crimp and go again rather than attempt the famous, and insane, no-foot cross. For the big move he did try another beta using a ridiculous two finger pocket…


To be complete, Sergei Topishko is also giving us today an insight into the low-start holds.

Pendant ce temps la grimpeuse Serbe Stasa Gejo vient de répéter “Delusion of Grandeur” 8A+/B à Chironico, vidéo à la clé. Ce bloc propose une escalade athlétique sur une rampe horizontale déversante, un des plus beaux blocs du coin. C’est la seconde féminine du problème après Isabelle Faus il y a deux ans.

Meanwhile, Serbian climber Stasa Gejo has just climbed “Delusion of Grandeur” 8A+/B in Chironico, video below. This boulder offers athletic climbing on an overhanging horizontal rail, one of the most beautiful boulders in the area. This is the second female ascent after Isabelle Faus’ two years ago.

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8C+ Global News: Murai, Ise, Topishko

28 décembre 2021 à 10:40

*** On démarre avec l’impressionnante vidéo de Ryuichi Murai dans la première ascension du panneau à arquées de « Floatin » qu’il a libéré il y a 2 semaines au Japon. Un test de force doigts d’une intensité inouïe ! Un passage extrême et très pur dans un style radical, non sans rappeler “Burden of Dreams” de Nalle Hukkataival.

We start this news with the impressive new video showing Ruyichi Murai climbing “Floatin” 8C+, a campus board boulder he freed 2 weeks ago in Japan. A power finger test with an incredible intensity! For sure an extreme problem in very pure and radical style, remembering Nalle Hakkataival’s “Burden of Dreams”.

*** Toujours au Japon, la relève arrive avec le jeune Kazuma Ise 19 ans, qui enchaine « Hallucination », un vieux bloc en 8C ouvert par Dai Koyamada en 2003 au Mont Hourai. Une prise clé ayant cédé, il est le premier à répéter de nouveau le problème. Après 9 jours de travail, « Hallucination » lui semble le bloc le plus dur qu’il ait réalisé et pense à du 8C+.

Always in Japan, young crushers are in the place with Kazuma Ise, 19 years old who is claiming a repeat of “Hallucination”, an old boulder opened by Dai Koyamada in 2003 located at Mount Hourai. A key hold broke and the young gun is the first to reclimb it after 9 days of work. Considering this problem is the hardest thing he climbed he suggered an upgrade to 8C+.

*** Sergei Topishko devient le premier ukrainien à réaliser du 8C+ bloc avec le désormais classique helvète : le départ bas de « Off the wagon » à Val Bavona. C’est la 6ème ascension du passage déjà gravi par Raboutou, Woods, Webb, Cameroni et Lorenzi !

Sergei Topishko is the first ukrainian climber to climb 8C+ boulder with the classical Swiss testpiece “Off the wagon sit” at Val Bavona. It’s the 6th ascent of this famous boulder: Raboutou, Woods, Webb, Cameroni and Lorenzi having ever climbed this gem.

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Video: Clément Lechaptois, Solitary Daze 8C

21 décembre 2021 à 10:13

Video. En octobre dernier, Clément Lechaptois réalisait la première ascension du technico-physique “Solitary Daze” 8C tout en compression dans un gros dévers de Fionnay en Suisse. Ce bloc n’est autre que la directe de sortie d’un vieux problème de Dave Graham, “Permanent Midnight” 8A+, ouvert en 2006 dans une planche de 50°. Voici la vidéo du processus qui a conduit à la première ascension après 8 jours de travail. Les deux derniers mouvements durs sur des talons précaires ont l’air particulièrement torrides !

Video. Last Fall French gun Clément Lechaptois bagged the first ascent of “Solitary Daze” 8C, a physical-cum-technical boulder located in Fionnay, Switzerland. This boulder is the direct exit of an old Dave Graham problem, “Permanent Midnight” 8A+ opened in 2006 on a 50° overhang. Here is the video showing the process until the first ascent after 8 days of work. The last 2 hard moves off of tricky heel hooks look completely insane!

Photo : Marine Thévenet

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