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Jacopo Larcher signe la première répétition de Into The Sun – First repeat of Into the Sun by Jacopo Larcher

Le grimpeur italien Jacopo Larcher vient de réaliser la première répétition de la voie “Into the Sun” la semaine dernière. Cette voie de trad avait été établie en 2017 par Bernd Zangerl à Murgtal en Suisse; elle combine une traversée et une voie très courte et explosive en trad proche du highball.
Jacopo commente sa réalisation :

“Après notre expédition au Pakistan, j’ai ressenti le besoin de me concentrer à nouveau sur les couennes et les blocs, au moins pendant quelques mois. Pas de course à pied, pas de longues journées en montagne : juste du caillou et (pour moi) des mouvements difficiles !
Dernièrement, je me suis particulièrement intéressé à l’exploration des différents aspects de l’escalade traditionnelle. Au sein de cette même discipline, il existe une grande variété de styles, souvent complètement opposés, ce qui la rend si intéressante pour moi.
Je me souviens avoir lu l’article sur la première ascension d’ “Into the sun” par Bernd et avoir été très curieux. Cela semblait être quelque chose de différent de toutes les autres ascensions traditionnelles que j’avais essayées ou vues, ce qui m’a motivé encore plus à y aller et y jeter un œil. Je pense que c’est important de parcourir les premières ascensions des autres ; c’est inspirant et rafraîchissant de découvrir des visions différentes, peut-être sortir de notre zone de confort et ouvrir notre esprit à différentes possibilités. Chacun voit quelque chose de différent debout devant un rocher et trouve différentes solutions/approches pour le gravir. Cette variété de visions et cet échange est ce qui fait grandir notre sport et nous-mêmes !

Jacopo Larcher Into The Sun

Cet automne, j’ai finalement décidé d’aller à Murtgal et rendre visite à l’itinéraire de Bernd. C’était ma première fois là-bas et je suis vraiment tombé amoureux de cette vallée calme et magnifique ! Le rocher qui broute n’est pas le meilleur que vous souhaiteriez, mais la nature et le calme rendent cet endroit si spécial.
Into the sun” est situé sur un gros rocher qui héberge plusieurs problèmes, il en traverse tout le bloc de droite à gauche. L’itinéraire est essentiellement une rallonge de sortie du highball déjà existant de Bernd appelé “V.I.P.” (“Very Important Papagei“), qui se termine sur un bac à côté d’un relais boulonné. C’est de loin la partie la plus difficile de toute la montée, après avoir sauté les points, on traverse à gauche avec une grosse fissure évidente et termine sur l’autre face du rocher avec un réta légèrement plus dur. Cette toute dernière section a été escaladée comme un highball, une approche bien différente du trad’. L’escalade est facile, mais le rocher est souvent humide et ne semble pas toujours solide, c’est pourquoi je pense qu’il est encore plus logique de l’escalader avec du matériel au lieu de le faire comme un highball. En tant que grimpeur traditionnel, c’est exactement comme ça que je l’aurais ouvert.
Après la première session, j’avais de bonnes sensations, car je pouvais gravir le long problème de bloc en deux sections, mais les derniers mouvements (du problème de bloc) se sont avérés être un véritable combat pour moi et j’ai dû investir plusieurs sessions supplémentaires et beaucoup d’énergies pour finalement le gravir.
Le plus gros problème, en dehors de la difficulté intrinsèque, étaient les conditions. En raison du brouillard, les prises, particulièrement les prises de départ, étaient pour la plupart humides, je devais donc essayer de gravir le reste du bloc avec des chaussons et mains mouillées. La période chargée d’ouverture de voies que je traversais n’a pas aidé à profiter des rares jours de bonnes condis dehors, mais m’a donné une motivation supplémentaire pour tirer le meilleur parti de chaque session ! Après être tombé plusieurs fois dans le dernier mouvement, le dernier jour avant la grosse tempête de neige (alias fin de saison possible pour ITS), j’ai réussi à l’enchainer avec des conditions idéales : c’était une si bonne sensation ! Honnêtement, j’étais content de la décision de gravir la dernière section en mode trad plutôt que highball, car mes doigts étaient complètement engourdis dans la fissure et je ne sentais plus rien avec l’onglée au dernier rétablissement.

Alors maintenant, la grande question, que tout le monde me pose, est… Qu’est-ce que “Into the sun” ? Est-ce une voie traditionnelle ou un highball ? Comment peut-on décrire cet itinéraire ? Honnêtement pour moi la plus grande question est autre… Doit-on tout nommer et tout faire rentrer dans une case ? Personnellement je ne pense pas !
Pour moi, “Into the sun” est la vision de Bernd sur la façon de gravir un beau rocher. C’est ainsi qu’il s’est mis au défi et s’est remis à grimper après une blessure qui, selon les médecins, ne lui permettrait plus de grimper. Il a réussi à surmonter cet énorme défi et en a lancé un nouveau pour les autres grimpeurs. Je l’assume, je l’ai trouvé vraiment difficile et j’ai vraiment apprécié le processus. C’est ce que je pense que l’escalade devrait être. Quelqu’un d’autre aurait équipé, quelqu’un d’autre l’aurait taillé, quelqu’un d’autre l’aurait tenté en solo et probablement la plupart n’auraient jamais imaginé l’escalader…

Je pense que Bernd l’a grimpé dans le meilleur style et personnellement, je l’aurais fait de la même manière si cela avait été mon ouverture. La seule chose que j’aurais fait différemment, c’est le départ : pour moi, il aurait été plus logique de commencer par le départ debout du bloc au lieu d’ajouter les premiers mouvements difficiles… mais encore une fois, c’est exactement ce qui est cool avec l’escalade , tout le monde voit quelque chose de différent. Merci encore pour l’expérience Bernd et bien joué pour la première ascension… et bien sûr un grand merci à Babsi, Mauro, Andrea et Michi pour leur soutien. Cela n’aurait pas été possible sans vous!”

Photos : Andrea Cossu

Jacopo Larcher Into The Sun

Italian climber Jacopo Larcher successfully made the first repeat of Bernd Zangerl’s route “Into The Sun” last week. This trad climb was established by Bernd in 2017 in Murgtal, Switzerland.

Jacopo comments:
“After our expedition to Pakistan I felt the need to focus again just on single pitches and boulders, at least for some months. No running, no long days in the mountains: just rock and (for me) hard moves!
Lately I’ve been particularly interested in exploring the different aspects of trad climbing. Within this same discipline there is a wide variety of styles, often completely opposite, which makes it so interesting to me.
I remember reading the article about Bernd’s first ascent of the “Into the sun” and being very curious about it. It seemed to be something different from all the other trad climbs I’d tried or seen, which motivated me even more to go and have a look at it. I like, and I think it’s important, to check out other’s first ascents; it’s inspiring and refreshing to see other’s visions, maybe get out of our comfort zone and open our mind to different possibilities. Everyone sees something different while standing in front of a piece of rock and finds different solutions/approaches to climb it. This variety of visions and this exchange is what makes our sport and ourselves growing!


This fall I finally decided to go Murtgal and check Bernd’s route out. It was my first time there and I honestly fell in love with that quiet and beautiful valley! The sharp rock isn’t the best you would wish for, but the nature and the quietness make that place so special.
“Into the sun” is located on a big boulder, which hosts several problems, and it traverses the entire block from the right to the left. The route is basically a top out of Bernd’s existing highball called “V.I.P. (Very Important Papagei)”, which ends on a jug next to a bolted belay. This is by far the hardest part of the entire climb; after skipping the bolts, you traverse left on an obvious big crack and top out on the other side of the boulder with a slightly harder mantle. This very last section has been climbed as a highball stating from a different problem. The climbing is easy, but the rock is often wet and doesn’t seem always solid, that’s why I think it makes even more sense to climb it on gear instead of doing it as a highball. As a trad climber, that’s exactly how I would do it.
After the first session I had a good feeling, as I could climb the long boulder problem in two sections, but the last few moves (of the boulder problem) turned out to be a real struggle for me and I had to invest several more sessions and a lot of energies to eventually climb it.

Jacopo Larcher Into The Sun

The biggest struggle, apart from the hard climbing, were the conditions. Due to the fog, the starting holds/footholds where mostly damp, so you had to try to climb the rest of the boulder with wet climbing shoes/hands. The packed period of routesetting didn’t help to take advantage of the sporadic good days but gave me an extra motivation boost for making the best out of every session! After falling off the very last move many times, he last day before the big snow storm (aka possible end of the season for ITS) I managed to climb it first go with prime freezing conditions: it was such a good feeling! I honestly was happy with the decision to climb the last section as trad climb, as my fingers got completely numb in the crack and I couldn’t feel anything on the last mantle.

So now the big question, which everyone is asking me, is… What is “Into the sun”? Is it a (green point) trad climb or an highball? How can we describe it? Honestly for me the biggest question is another one… Do we need to give a name to everything and fit in into a box? I personally don’t think so!
For me “Into the sun” is Bernd’s vision of how to climb a nice piece of rock. It was the way how he challenged himself and got back to climbing after an injury, which according to the doctors wouldn’t allow him to climb anymore. He managed to overcome this huge challenge and set a new one for the other climbers. I take it on, found it really hard and I really enjoyed the process. That’s what I believe climbing should be. Someone else would have bolted, someone else would have chipped it, someone else would have free solo it and probably the most part would have never imagined to climb it…

I think he did it in the best style and I personally would have done it the same way if this would have been my FA. The only thing I would have done different is the start, for me it would have make more sense to start from the stand start of the boulder, instead of adding the first few hard moves… but once again, that’s exactly the cool thing about climbing, everyone sees something different. Thanks again for the experience Bernd and props for the FA… and of course big thanks to Babsi, Mauro, Andrea and Michi for the support. It wouldn’t have been possible without you!”

Pics: Andrea Cossu

Jacopo Larcher Into The Sun

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Killian Chabrier revient sur son trip prolifique en Suisse – Killian Chabrier on his rampage in Switzerland (+ videos)

On vous avait déjà parlé du jeune prodige francilien de 22 ans Killian Chabrier. Ce grimpeur orléanais a quitté ses terres natales il y a 4 ans pour venir s’installer en région Parisienne, précisément à Massy pour s’entraîner et progresser en bloc. Killian vient de délaisser les salles d’entrainement et Bleau le temps de découvrir une des Mecque du bloc helvète, Cresciano. En une semaine sur place, le bilan des courses du trip suisse est flatteur, avec deux répétitions des ultra-classiques de la haute-difficulté mondiale “Dreamtime” et “The Story of Two Worlds” en deux jours de travail chacun, blocs qu’il propose de décoter à 8B+. Il s’en explique ci-dessous.

– Pourquoi avoir choisi ce trip à Cresciano ? Besoin de te frotter à des références ?
Tout d’abord ce trip n’était pas du tout prévu pour moi, je voulais m’entraîner pour les compétitions et n’avais pas prévu de voyager. Une semaine avant de partir, Guillaume Levernier mon coach me dit qu’une des personnes qui devait partir avec lui s’était blessée, et que si ça me chauffait il y avait une place. Je n’ai pas pu résister et j’ai sauté sur l’occasion (je pense que j’ai bien fait) ! J’ai toujours eu envie de faire les classiques qui ont influencé l’histoire de l’escalade ! Donc pour une première fois à Cresciano j’ai voulu essayer des blocs mythiques tels que ceux-ci. Au départ, je me suis donc mis en projet principal “Dreamtime” et en secondaire “The Dagger” à la base, mais qui est très vite devenu “The Story of Two Worlds”.

– Après Clément Lechaptois tu es le 2ème français à rétablir en haut de “Dreamtime”, bloc historique de Cresciano, considéré comme le premier 8C bloc de l’histoire. Qu’as-tu ressenti ?
Vraiment hyper content ! Surtout que la météo était plutôt incertaine, en arrivant je pensais seulement avoir 2 jours pour enchaîner. Lors de ma deuxième séance j’étais très mal embarqué pour le faire, je suis tombé 5-6 fois au grand mouvement qui est le crux. À mon 14ème essai de la séance je me sentais cuit physiquement et j’ai décidé de changer de préhension en mettant ma main gauche un peu plus à droite, et ça l’a fait direct ! Une sensation incroyable car mêlant pression et run a muerte, sûrement un de mes plus beaux souvenirs de grimpe !

– Tu as expédié le bloc en 2 séances. Tu avais déjà expédié « Off the Wagon » en quelques essais. Comment fais-tu pour réaliser des blocs de top niveau mondial en si peu de temps ?
Ahah question assez difficile à répondre ! Je pense plutôt que pour l’instant tous ces blocs n’étaient pas à mon niveau maximum et plutôt dans mon style. J’ai encore la possibilité de faire des erreurs dans mes runs et que ça marche quand même ! Sinon pour préparer ces séances, je regarde beaucoup de vidéos pour avoir un aperçu de toutes les méthodes possibles. En arrivant sur le bloc je touche toute les préhensions pour me familiariser avec. Je mets toujours un essai flash même dans mes projets max car cela ne coûte rien ! Après ce run flash je cale les mouvements et quand j’ai réussi tous les mouvements, même si je ne suis pas hyper calé je mets quelques runs pour essayer d’enchaîner.

– Que penses-tu de “Dreamtime” ?
“Dreamtime” est composé de deux parties, un début très à sensations pour rejoindre le debout, avec un talon dur à tenir que j’ai réussi à apprivoiser très vite et qui n’était pas du tout un crux pour moi. Cette section vaut environ 8A. Puis une deuxième section qui est le debout avec plusieurs méthodes, soit une “envoyade” que j’ai faite car je trouvais ça bien plus joli et dans mon style, soit une traversée sur micro arquées. Puis la fin après le crux est bien plus facile et quasi intombable quand elle est calée. Cette deuxième section, je l’évalue dans les 8A+. Un 8A sur un 8A+ donne quelque chose dans les environs de 8B+ donc j’ai choisi de le mettre à 8B+, après ce n’est que mon ressenti.

Killian Chabrier Suisse - The Story of 2 Worlds

– Tu as ensuite expédié aussi « The story of Two worlds » 8C en 2 jours. Raconte-nous.
Pour ce bloc l’histoire est plutôt drôle. Je suis monté au secteur à mon troisième jour de grimpe vraiment fatigué pour essayer “The Dagger”, le 8B/+ de fin. Je me suis échauffé dedans avec Camille Coudert, on a déchiffré assez vite les méthodes et j’ai enchainé à mon deuxième essai du bas, en environ 1h-1h30 max, échauffement compris. Et on s’est rendus compte qu’avec les méthodes de Megos, notre ressenti était que ça devait valoir plus 8A+ que 8B/+. Du coup, après l’avoir enchainé aussi rapidement, j’ai essayé le départ assis. Avec la fatigue j’ai pas pu caler le crux pour rejoindre le debout. À la deuxième séance j’ai très vite calé les mouvements du début, et sur un run pour caler les premiers mouvements je me suis retrouvé dans la fin et là la chute n’était plus une option et j’ai enchainé ! Pour les méthodes j’ai fait quasi exactement comme Megos et j’ai refusé de mettre une genouillère car je trouvais ça bien plus stylé sans ! Mais en échangeant avec Camille sur le début, la genouillère doit peut-être enlever un peu de difficulté au début mais rien de signifiant comparé aux nouvelles méthodes de fin. C’est pour cela que j’ai décidé de le décoter pour le mettre à 8B+, j’ai trouvé cette ligne aussi dure voire un peu plus facile que “Dreamtime” !

– Et le départ bas “low start” de Koyamada en 8C+ ?
Je n’ai pas essayé le départ de Koyamada car bien moins logique que le départ normal de visuel ; ça n’avait pas l’air de rajouter énormément à la suite, peut-être que cela le ferait passer à un 8B+ dur. Mais ce n’est qu’une supposition !

– Tu sembles loin de tes limites. As-tu des projets d’ampleur en milieu naturel pour cet hiver à Bleau ?
Oui, je sens que je suis loin de mes limites, je n’ai pas encore eu de projet où il faudrait que je m’entraîne spécifiquement pour pouvoir y arriver ! Cet hiver j’ai des projets comme “Big Island assis” et “Délire Onirique assis” à Bleau. Et surtout retourner au Val Bavona faire “Off the Wagon assis” et voir le vrai assis sans le wagon, je pense que c’est l’une des plus grosses FA à faire en Suisse, et de plus elle est vraiment dans mon style !

– Penses-tu t’essayer à des voies dures typées bloc pour profiter de ta forme actuelle ?
Mon seul projet en voie pour le moment est “Condé de choc” à Entraygues, un 9a vraiment court avec deux gros pas de bloc. Cette été j’étais vraiment bien dedans et je pense y retourner l’été prochain pour enchaîner !

Photos : Guillaume Levernier et Camille Coudert

Killian Chabrier Suisse - The Story of 2 Worlds

A while ago we told you about the young Parisian prodigy Killian Chabrier, 22. 4 years ago, he left his home for the greater Paris in order to train and improve further still in bouldering. Killian just gave the shoulder to indoor training and Font for one week in order to discover one of Switzerland’s bouldering meccas, Cresciano. He managed to tick two of the major classics of the area, “Dreamtime” and “The Story of Two Worlds” and suggests a downgrade to 8B+ for both. He explains his thought process below.

– Why did you choose Cresciano? Psyched to check some references?
This trip was quite unplanned for me! I wanted to train for comps and didn’t expect to come here! A week before departure, my coach Guillaume Levernier offered me to join them because one someone picked up an injury. So I couldn’t resist and took the opportunity. I always wanted to try the classics which left a mark on climbing history. So for my first time in Cresciano I tried a few legendary boulders, and decided to select “Dreamtime” as my main project and “The dagger” as the second, but very quickly my second one actually became “The Story of Two Worlds”.

– You climbed the boulder very quickly, in 2 sessions. You also climbed “Off the wagon” on a previous trip in just a few tries. How do you explain your ability to top out extreme boulders so fast?
Aha tough question! I think that the boulders I tried were not at my limit and also suited my style. I can still make mistakes on my goes and send! To prepare my sessions I watch a lot of videos to be clear on all the different methods. At the boulder, I touch every hold to get used to how they feel. I always give a flash burn, even on my big projects because why not! After the flash go, I check all the moves and once I have worked out all of them, even if my betas are not the best, I start from the ground.


– After Clément Lechaptois, you’re only the second French guy to climb “Dreamtime”, a historical testpiece of Cresciano, considered to be the first 8C in bouldering history. How do you feel?
Very happy of course ! The weather forecast was not in our side, getting there I was thinking we would have 2 days of climbing only. In my 2nd session things weren’t shaping up very nicely, I fell 5-6 times on the large move, considered to be the crux. On my 14th go I started to be tired and decided to change my left hand position on the hold, a little bit more to the right and it worked straight away! An incredible feeling mixing pressure and a muerte, perhaps one of my best climbing memories.

– What do you think about “Dreamtime”?
“Dreamtime” could be divided into 2 parts, a start where you need accuracy into the stand, with a tricky heel hook that posed me no troubles though. This part is around 8A. Then the stand part with different betas possible, you can choose the spank, what I did because I found it nicer and in my style, or you can traverse on small crimps. Then the final section is easier, you can’t fall once you know what to do. This second part is around 8A+ for me. So an 8A into an 8A+, in my opinion, gives you something around 8B+, so I chose this grade, but it’s just my opinion.

– You also climbed “The Story of Two Worlds” in 2 days…
For this boulder, the story is funny: I got up to the sector on my third climbing day in a row, I was very tired, in order to check “The dagger”, the final 8B/+. I warmed-up on it with Camille Coudert, we found all the methods very quickly and I did it at my second try from the start in around 1h-1h30. We realised that with Alex Megos’ betas our feeling was climbing something in the 8A+ range, compared to the 8B/+. So after this quick intro, I tried the sit. Due to the tiredness I couldn’t stick the crux to transition into the stand start. On my second session I quickly found my own betas in the sit, and on a run primarily meant to check my betas I surprisingly found myself in the top section. The fall wasn’t an option and I sent it! For the betas, I did exactly the same as Alex Megos and refused to put on a kneepad, because I found the boulder more pleasant without. Talking with Camille about the start, the kneepad could probably shave off some difficulty at the beginning but nothing significant compared to the new ending. That’s why I decided to downgrade it to 8B+. I found this line to be about the same difficulty as “Dreamtime”, maybe even a little bit easier.

– Did you try Koyamada’s low 8C+ version?
No, I didn’t try this start. It’s less logical than the normal start aesthetically speaking, and it seems to add nothing special, but maybe with this start you can climb a hard 8B+. But it’s only a wild guess!

– You seem far from your limit. Have you got some big projects in the pipeline in Font?
Yes, I feel I can climb harder. I have not yet put my hands on a project where I needed to train specifically to send. This winter, “Big Island sit” (“aka “Soudain Seul”) and “Délire onirique assis” are on my shortlist. I want to return to Val Bavona to try “Off the wagon sit” and check out the real sit without the wagon, one of the biggest first ascents left in Switzerland, plus it suits my style perfectly!

– What about some powerful extreme routes?
My only sport climbing project for the moment is “Condé de choc” in Entraygues, Briançonnais, a short 9a with 2 bouldery sections. This summer I felt quite well on it and I think I will return next summer to send it!


Pics : Guillaume Levernier et Camille Coudert

Killian Chabrier Suisse - Dreamtime



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Kathy Choong répète 6.4 Sekunden, 170 m, 8b/+ – Kathy Choong repeats 6.4 Sekunden, 170m, 8b/+

C’est fait ! Quelques jours après ses exploits dans le Sud de la France, la machine Suisse Kathy Choong frappe de nouveau un grand coup avec son projet estival en grande-voie, “6.4 Sekunden” (170 mètres, 8b/+ max.) situé à Engelberg en Suisse. Ouverte et libérée par Matthias Trottmann en 2006, “6.4 Sekunden propose 7 longueurs très soutenues. C’est la 3ème ascension de la voie ! Voici le récit complet de Kathy, qui revient sur la voie, le processus et l’enchainement.

“6.4 Sekunden”, est une des grandes voies parmi les plus difficiles de Suisse par rapport au niveau de difficulté. Elle se situe vers Engelberg sur le Fürenwand et se compose de 7 longueurs déversantes allant jusqu’à 8b/+, pour une longueur totale de 170 mètres (6c, 8b/8b+, 8a+, 8a, 8a, 7c+, 7b). Le Fürenwand fait environ 700 mètres mais la voie 6.4 Sekunden se situe sur les 170 derniers mètres de cette face. On y accède par un téléphérique qui nous mène au sommet avant de redescendre en rappel jusqu’au début de la voie. Le type d’escalade est plutôt varié en passant de réglettes à des plats, du dévers mais surtout des longueurs verticales et en dalle qui m’ont donné beaucoup de fil à retordre. Au début, les longs run-outs (longs espacements entre les spits) sur du rocher parfois péteux étaient également très difficile à gérer mentalement. La voie, équipée et enchaînée par Matthias Trottmann, n’a été répétée qu’une fois par David Firnenburg en 2019. Il s’agit ainsi de la 3ème ascension et de la première féminine.

En raison de la situation liée au COVID-19, toutes les coupes du monde de l’été 2020 ont été annulées. Je me suis donc retrouvée complètement libre de me concentrer uniquement sur la falaise, pour la première fois depuis 15 ans que je suis en équipe suisse. Après avoir réalisé des voies de haute difficulté ces dernières années, j’avais envie de découvrir et d’apprendre quelque chose de nouveau. Depuis environ 2 ans, j’ai commencé à faire plus de longues voies. Le challenge est pour moi beaucoup plus complexe. J’ai dû apprendre à gérer l’effort et le mental sur toute les longueurs des voies qui font souvent plusieurs centaines de mètres, les manip’ de cordes ainsi que la peur du vide bien sûr qui use beaucoup d’énergie.

Mais ce qui est particulièrement intéressant dans cette forme d’escalade c’est l’esprit de cordée, le partage des émotions avec le partenaire que je trouve beaucoup plus fort qu’en falaise. La confiance en son partenaire doit être complète afin de parvenir ensemble au sommet de la voie. L’objectif était pour moi à nouveau de repousser mes limites au niveau de la difficulté mais également par rapport au fait que la grimpe en longue voie est une facette de l’escalade que je ne contrôle pas encore totalement et qui me challenge ainsi d’une autre manière.

Les restrictions liées au Corona nous restreignant quant aux voyages, et dans une volonté de découvrir et de profiter des falaises suisses, il me paraissait évident de chercher un projet proche de la maison.

Il m’aura fallu beaucoup de temps pour enchaîner cette voie, au total 16 jours et ce n’est qu’autour du 14ème jour que j’ai commencé à me sentir à l’aise et que j’ai enchaîné une des 7 longueurs… Autant dire que c’était un sacré chantier. Le premier jour où nous nous sommes lancées avec mon copain Jim Zimmermann, les mouvements de la 2ème longueur, la plus difficile, nous semblaient faisables. Mais on s’était réjoui un peu trop vite : dans la 3ème longueur (8a+) on se prend un but, impossible de passer le crux ! Rien à faire, on ne verra pas la suite de la voie, on a dû redescendre en rappel puis rejoindre la via ferrata pour atteindre la vallée. Hyper déçue et frustrée, j’abandonne le projet. Finalement, remotivée par Matthias Trottman l’ouvreur qui me dit que c’est certainement le mouv’ le plus difficile de la voie, nous retentons notre chance en descendant dans la voie directement à l’aide de corde statique et découvrons le reste du puzzle. Les longueurs sont verticales, techniques, les mouvements me semblent trop longs et je n’arrive pas à aligner plus que quelques mouvements à la suite sans faire de repos. Sans compter les longs run-outs dans un rocher par endroit péteux qui me paralysent de peur ! Puis au fil des jours, je parviens à chaque fois à débloquer une section ou deux, bien que certains mouvements me résistent encore et encore, notamment un jump dans un toit où je perds totalement les pieds et une section verticale où mon allonge me semble trop courte. Je trouve finalement une bonne méthode à cette section verticale qui me redonne espoir. Jusqu’au jour où je casse cette fameuse prise. Après avoir essayé plus de 20 minutes à trouver une autre solution sans succès pour ce passage, je suis à nouveau prête à abandonner ce projet. J’y retourne tout de même, soutenue par Jim, malgré les journées de pluie et de brouillard qui semble se coincer spécialement entre le Titlis et le Fürenwand, et après une pause de quelques semaines, j’ai plutôt l’impression d’avoir régressé dans la voie. Le doute s’installe de nouveau. Tout le rocher est extrêmement humide et certains passages sont complètement mouillés, ce qui n’aide pas à travailler les sections qui me résistent encore. Et puis le soleil revient. Au bout du 14ème jour de travail, j’enchaîne finalement une des longueurs, la 7c+, et je trouve à nouveau une nouvelle méthode dans la 8a+ ! Tout semble à nouveau possible…

Jeudi 09 septembre, 5h30, je me lève pour partir direction Engelberg avec mon ami Andy Winterleitner. Rien ne prédisait un jour d’enchaînement. La pluie sur la marche d’approche nous détrempe complètement, et le rocher semble humide. Je me lance dans la 6c, continue directement dans la 8b/+ avec beaucoup de peine, me fixant pour objectif d’atteindre au moins le crux, un mouvement dynamique aléatoire après un long dévers bien fatiguant. Et là surprise, ça passe ! La machine d’enchaînement est lancée, le stress et la pression s’insinuent dans ma tête. Je clippe le relais de la 8b/+ ! Quelle joie ! Mais je sais qu’il me reste une 8a+, deux 8a, une 7c+ et une 7b à faire, sachant que je n’ai encore jamais réussi à enchaîner la plupart de ces longueurs. Mais vu le combat que j’ai fait dans la 8b/+, je ne serai peut-être pas capable de le refaire de si tôt. Je redescends toutefois au pied de la 8b/+ pour assurer mon ami Andy qui aimerait faire un essai en tête et remonte donc les 40 mètres ensuite au Jumar pour tenter d’enchaîner le reste. Chaque longueur est un combat acharné, je sens que je perds de la force à chaque mouvement. Ma tête prend le relais sur mes bras qui me crient de lâcher. Je sais que si je veux avoir une chance, je dois tout enchaîner du premier coup. La pluie continue de tomber et la peur que les dernières longueurs deviennent trempées et ingrimpables m’obsède. Les longueurs se succèdent et s’enchaînent, le but se rapproche mètre par mètre péniblement. J’aimerais me reposer plus entre chaque voie mais le temps est également compté, le dernier téléphérique partant à 18h00 et l’envie de rentrer à pied sous la pluie ne me motivent que moyennement.

Et finalement j’atteins le sommet, complètement épuisée mais remplie de bonheur d’avoir réussi à relever ce grand challenge. Cette voie dont chaque longueur me paraissait impossible à réussir, qui m’a fait douter et que j’ai failli abandonner de nombreuses fois, restera dans ma mémoire à jamais comme l’une de mes meilleurs performances, qui m’a fait repousser mes barrières mentales et sortir à nouveau de ma zone de confort.”

Photo : Hugo Vincent

Kathy Choong, 6.4 Sekunden
Photo : Hugo Vincent

It’s done and dusted! A few days after sending in the South of France, the Swiss machine Kathy Choong strikes again, completing her summer multi-pitch project “6.4 Sekunden” (170 meters, 8b/+) located in Engelberg, Switzerland. Opened and freed by Mathias Trottmann in 2006, “6.4 Sekunden” offers 7 sustained pitches. It’s the 3rd free ascent of the route. Here is Kathy’s complete story.

“6.4 Sekunden is one of the hardest multipitch routes of Switzerland. The route is located in Fürenwand, Engelberg with 7 overhanging pitches until 8b/+, 170 meters long (6c, 8b/8b+, 8a+, 8a, 8a, 7c+, 7b). The Fürenwand is about 700 meters long, but the 6.4 Sekunden route is located on the last 170 meters of this face. It is accessed by a cable car that takes us to the top before abseiling down to the start of the route. The type of climbing is quite varied, going from crimps to flat, overhanging but above all vertical pitches and slabs which gave me a lot of troubles. The long run-outs (long spaces between the bolts) on sometimes loose rock was also very difficult to manage at the beginning mentally. The route, bolted and freed by Matthias Trottmann, was only repeated once by David Firnenburg in 2019. This is the third ascent and the first female.

Due to the COVID-19 situation, all of the Summer 2020 World Cups have been canceled. So I found myself completely free to focus only on the cliff for the first time in 15 years, since I have been with the Swiss team. After doing some high difficulty routes over the past few years, I wanted to discover and learn something new. About 2 years ago I started doing more long routes. The challenge for me is much more complex. I had to learn to manage the effort and the mind on all the pitches of the routes which are often several hundred meters long, the ropes management as well as the fear of heights of course which costs a lot of energy.

But what is particularly interesting in this form of climbing is the rope spirit, the sharing of emotions with the partner which I find much stronger than on a crag. Confidence in one’s partner must be complete in order to reach the top of the route together. The goal was for me once again to push my limits in terms of difficulty but also in relation to the fact that climbing on long routes is a facet of climbing that I do not yet fully control and which thus challenges me to another way.

Covid restrictions letting us not free in terms of travel and in a desire to discover and enjoy the Swiss crags, it seemed obvious to me to look for a project close to home.

It took me a long time to do this route, a total of 16 days and it was only around the 14th day that I started to feel comfortable and that I did one of the 7 pitches.… Suffice to say that it was a hell of a job! The first day we started with my boyfriend Jim Zimmermann, the movements of the 2nd length, the most difficult, seemed to be doable. But we were psyched a little too quickly: in the 3rd pitch (8a+) we hit a crux move, impossible to do! Nothing to do, we will not see the rest of the route, we had to abseil down then join the via ferrata to reach the valley. Hyper disappointed and frustrated, I abandoned the project. Finally, re-motivated by Matthias Trottman the bolter who tells me that it is certainly the most difficult movement of the route, we took our luck again by abseiling the route from the top directly using static rope and discovering the rest of the puzzle. . The lengths are vertical, technical, the moves seem too long for me, and I can’t seem to link more than a few moves in a row without resting. Not to mention the long run-outs in loose sections place that scared me! Then over the days, each time I managed to unlock a section or two, although certain movements resist me again and again, in particular a jump in a roof where I completely lose my feet and a vertical section where my ape seems too much to me. short. I finally find a good beta in this vertical section which gives me hope. Until the day I break that famous hold… After trying for more than 20 minutes to find another solution without success for this section, I was again ready to quit this project. I go back anyway, supported by Jim, despite the days of rain and fog that seems to get stuck especially between the Titlis and the Fürenwand and after a break of a few weeks, I rather have the impression of feeling regression in the route. Doubt sets in again. The whole rock was extremely wet and some sections were completely wet, which didn’t help working the sections that still resist me. And then the sun came back. After the 14th day of work, I finally did one of the pitches, the 7c+, and I again find a new beta in the 8a+! Everything seemed possible again …

Thursday 09 September, 5:30 am, I get up to leave for Engelberg with my friend Andy Winterleitner. Nothing predicted a send day. The rain on the approach walk completely soaks us, and the rock looks wet. I start in the 6c, continue directly in the 8b /+ with a lot of difficulty, setting myself the goal of reaching at least the crux, a random dynamic movement after a long and very tiring overhang. And there surprise, it works! The machine is launched, stress and pressure creep into my head. I clip the anchor of the 8b/+! What joy ! But I know I have an 8a+, two 8a, a 7c+ and a 7b to go, knowing that I have never managed to do most of these pitches yet. But according the fight I did in 8b/+, I might not be able to do it again anytime soon. However, I go back down at the foot of the 8b/+ to belay my friend Andy who would like to do a lead attempt and therefore go up the 40 meters then with the jumar to try the rest of the route. Each pitch is a hard fight, I feel that I am losing strength on each movement. My head takes over on my arms, which cry out to me to let go. I know if I want to have a chance, I have to do it all the first time. The rain continues to fall and the fear that the last pitches will become soaked and unclimbable haunts me. The pitch follow one another and are linked, the send painfully approaching by meters. I would like to rest more between each pitch but time is also running out, the last cable car leaving at 6:00 pm and the desire to walk back in the rain motivates me only moderately.

And I finally reach the top, completely exhausted but filled with the happiness of having succeeded in freeing this great challenge. This route, which each pitch seemed impossible to me to succeed, which made me doubt and which I almost gave up many times, will remain in my memory forever as one of my best performances which made me push back my mental limits and get out of my comfort zone again.”

Photo : Hugo Vincent

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Histoire sans Fin : Première ascension pour Vanhee et Berthe – Histoire sans fin : first ascent by Vanhee and Berthe

La semaine dernière, les machines belges, Siebe Vanhee et Sébastien Berthe, ont libéré “Histoire sans Fin” – une grande voie de 200m avec 10 longueurs dans des cotations allant jusqu’au 8b+. Ils ont ainsi réalisé la 1ère et la 2ème ascension libre de ce projet de longue date sur le Petit Clocher du Portalet (Suisse).

Siebe nous raconte :

« La semaine dernière, Sébastien Berthe et moi avons eu une chance incroyable de faire les deux premières ascensions libres de ce que nous considérons comme le meilleur grande voie en granite pour cette cotation en Europe. C’est peut-être même la seule dans ce niveau. Cela fait un an que j’ai entendu des rumeurs sur une nouvelle ligne, incroyablement propre et dure, sur le Petit Clocher du Portalet en Suisse près de Martigny.”

“En 2001, Didier Berthod et François Mathey ont ouvert la deuxième longueur, une fissure en 7c+ de 45 mètres de long, entièrement en trad: top classe ! Cette fissure se termine au milieu d’un beau pilier, au milieu de nulle part. Le granite lisse situé au-dessus a dû attendre près de 20 ans avant que Fabien Borter et Bertrand Martenet imaginent une incroyable suite (celle ci est équipée), qui suit des dalles et des arêtes jusqu’au sommet. Malgré leur lecture visionnaire, c’est en 2020 que cette grande voie a pu être finie d’être équipée avec l’aide de Didier Berthod pour trouver la longueur manquante, une belle arête orange cotée 8b.”

« Fin juin, avec Jean-Elie Lugon, nous avons trouvé un petit créneau pour aller essayer cette voie. Je me suis fait botter le cul et j’étais dans un état physique lamentable! Malgré ça, je me suis dit que c’était une des plus belles lignes que je n’ai jamais essayée. La semaine dernière, je suis revenu avec Sébastien, physiquement en meilleure forme mais toujours intimidé par la ligne. J’y suis allé en mode repérage. Mais avec les good vibes de Seb sur la paroi, j’ai rapidement changé d’état d’esprit. Nous avons tous les deux travaillé la longueur clé jusqu’à ce que Seb l’enchaîne. Je sentais que j’avais besoin de quelques essais supplémentaires pour l’enchainer aussi, mais Seb n’avait plus de temps et on est tenté directement la suite de la voie. Ça a été un gros combat physique et mental , nous avons terminé à la nuit ! Ce jour-là, Seb a ainsi fait la première ascension libre. Comme toujours, il a été super fort et a essayé chaque longueur jusqu’à l’enchainement. “

“Trois jours plus tard, c’était mon tour, je suis revenu avec le soutien de Seb et Soline. Cette fois-ci convaincu que je pouvais enchainer la voie. Je me suis lancé dans la fissure en 7c+, puis dans la traverse en 7c jusqu’à arriver au crux. Je me suis alors retrouvé au milieu de la longueur en 8b+, au niveau du crux qui est un pas de bloc super technique. Il faut trouver la bonne pression sur des prises de pied microscopiques qui permettent des mouvements qui semblent impossibles: tout est dans la tête, il faut oser et pousser sur les pieds. J’ai réussi à enchainer cette longueur au premier essai ce jour là. Il y a également une longueur en 8b, une arête lisse mais costaud, qui a été un bon combat mental: effrayante mais magique! Ça m’a semblé tellement impossible au premier essai, mais quand tu doses bien la pression sur les pieds et tu géres correctement l’équilibre, la magie opère. Encore une fois, j’ai enchainé au premier coup ! La dernière longueur dure est une dalle corsée en 8a+. J’ai réussi à bien grimper mais j’étais nerveux d’imaginer tomber dans cette dernière section difficile… et c’est arrivé. Merci à Seb et Soline, j’ai relativisé ma chute, je suis retourné au relais et j’ai atteint le haut de la voie ! “

et le commentaire de Sébastien :

« La différence entre l’enchainement de la voie par Siebe et la mienne est assez amusante : en enchainant toutes les longueurs les unes après les autres, Siebe était vraiment dans un mode de croisiére impressionnant. Il a quasiment laissé aucune chance à la voie et il y a eu très peu de facteurs incertains. Au contraire, j’ai été en mode freestyle total, tombant à chaque longueur en mettant essai après essai jusqu’à ce que ca passe ne sachant rien à propos des longueurs suivantes, mais croyant fermement que j’avais la capacité de le faire. Un vrai ascenseur émotionnel ! J’ai adoré ça car ça m’a apporté les meilleures sensations jamais ressenties en escalade !

Photos : Fred Moix

The belgian climbers, Siebe Vanhee and Sebastien Berthe, sent last week “Histoire sans Fin” – a 200m route with 10 pitches up to 8b+. They thus realised the 1st and second free ascent on their longstanding project on Petit Clocher du Portalet (Switzerland).

Siebe Vanhee comments:

“Last week, Sebastien Berthe and I where incredibly lucky to make the first two free ascents of what we consider the best granite multipitch of the grade in Europe. It might even be the only of the grade. It’s been a year since I’ve heard some rumors about a new, incredibly clean and hard, line on Swiss’ Petit Clocher du Portalet near Martigny.

“In 2001 Didier Berthod and Francois Mathey opened the famous second pitch off the ledge, a 45 meter long 7c+ splitter crack, naturally protected. One of the best! The splitter ends in the middle of the beautiful pillar, in the middle of nowhere – the “Never Ending Story”. The smooth granite above had to wait almost 20 years before Fabien Borter and Bertrand Martenet imagined an incredible bolted continuation of the route, following blank slabs and arêtes to the summit. Despite their great visioning, the climb had to wait until 2020 when they got help of Didier Berthod to find the missing link pitch, a beautiful orange arête graded 8b.”

The end of June, together with Jean-Eli Lugon we found a small window to go and try ‘Histoire’. I got my ass kicked completely and was in a terrible physical state. Despite, I realized it was one of the best lines I had ever tried. Last week I returned with Sebastien, physically in a way better shape but still intimidated by the line. I mainly went up to have another look and see how it would go. But with the sending vibe Seb brought with us on the wall I was quickly contaminated. We both worked the crux pitch until Seb strongly send. I felt I needed little tries more to send as well but Seb’s time was running for a ‘one day first day’ ascent. We continued and he pulled out a strong physical and mental fight, we topped out at night! This day Seb made the first free ascent. As always, he was strong and kept giving every pitch sending tries until he surprisingly did!  

“Three days later it was my turn, I returned with the support of Seb and Soline. This time convinced I could climb the route. I fired up the 7c+ splitter, continued the 7c traverse pitch to the base of the cruxpitch. Suddenly I found myself in the crux of the 8b+ pitch, a super technical boulderproblem where the right pressure on microscopic footholds makes the seemingly impossible moves possible. It’s all in the head, you need to dare and push on the feet. It went smooth, I could send on the first go. The 8b pitch, the slabby but strenuous arete, was a mental fight. Scary but magical, that’s what comes to mind when I think of that pitch. It felt so impossible on the first try, it’s scary to push so much on the feet but ones you find the right pressure and balance, the magic happens. Again, I send this pitch on the first go! The last challenge, a spicy 8a+ slab. I climbed well but nervous, a brainfart happened and I fell at the very last difficult section. Thanks to Seb and Soline, I relativized my lame fall, returned to the anchor and just cruised it to the summit!

And the comment from Sébastien Berthe:

The difference between Siebe free ascent and mine was pretty fun to notice: while sending all the pitches one after another, Siebe was really in an impressive cruise control mode, he did not let much chance to the route and had very few uncertain factors. On the contrary, I was in total freestyle, falling in every pitch and putting tries after tries until it eventually goes, knowing nothing about the next pitch, but believing strongly I have the ability to do it. A true roller coaster day! I love this style because it brings me the best sensations ever felt in climbing!”

Photos : Fred Moix

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Film: WoGü, l’envers du décor – Film: WOGü, behind the wall

On vous avait présenté il y a quelques jours la sortie de “Swissway to heaven” mais un 2ème opus uniquement consacré à la grande voie extrême du Rätikon, “WoGü” vient aussi de voir le jour ! Le film vient d’être présenté en avant-première à Chamonix ce week-end par le réalisateur Mathieu Rivoire et demeure disponible gratuitement pour 10 jours pour notre plus grand plaisir.
Découvrez en compagnie de Cédric Lachat et Nina Caprez un des morceaux parmi les plus difficiles des Alpes, avec un descriptif de chaque longueur, le témoignage de l’ouvreur, le légendaire Beat Kammerlander, des astuces techniques et tactiques et un suivi pas à pas des progressions des deux grimpeurs pro avec des images impressionnantes. Mais “WoGü” c’est aussi ces à côtés avec une fidèle retranscription de l’esprit de cordée et de la vie en paroi couplé d’un aperçu du dur métier de cameraman en grande-voie. Un superbe rendu, à découvrir d’urgence ci-dessous !

WoGü” is a dream, an illusion, a legendary route stretching ten pitches through the heart of the spectacular Rätikon range of Switzerland. “WoGü” is also a movie that offers humorous and insightful perspectives on the day-to-day work of big wall climbing, from both sides of the camera. Throughout the ascent, we share the everyday moments of larger-than-life characters Nina Caprez and Cédric Lachat, elite climbers and long-time accomplices. We also follow the dedicated professional camera crew working 300 meters up in the air. From the first approach hike to the final ascent, Wogu reveals the tensions, hopes, falls, and simple joys of dangling your feet above the abyss. All along the way we share the experiences and emotions that make big wall adventures so unique. Deciphered, decrypted, WoGü no longer remains a mysterious hieroglyph carved in limestone, but turns into an open book. We invite everyone to join in on the adventure, novice and initiated alike.

Photo: Mathieu Rivoire – L’illustroscope

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