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Enorme perf pour Tanguy Merard qui réalise « Hotel Supramonte », 350m, 8b max, à-vue!

Alors que pas mal des meilleurs grimpeurs mondiaux sont actuellement en pèlerinage sur les falaises Espagnoles (cf. nos dernières news…), Tanguy Merard était quant à lui en Sardaigne avec l’équipe excellence de la FFCAM avec comme projet principal la mythique grande voie « Hotel Supramonte », 350m, 11 longueurs et 8b max. Cette voie, ouverte par Rolando Larcher et Roberto Vigiani en 1998, est très intense avec notamment 3 longueurs dans le 8ème degré, et 6 longueur entre le 7b et le 7c:

L1 7b+
L2 7c+
L3 8b
L4 8a+
L5 8a+
L6 7c
L7 7a+
L8 7b+
L9 7b
L10 7b
L11 6b+

L’enchaînement en lui même est déjà un beau projet en soit, mais là, Tanguy Merard frappe un grand coup en avalant les 11 longueurs à vue en quelques heures! Seul Adam Ondra avait réussi cette performance avant lui en 2012. Voici son récit:

On était tout un groupe en Sardaigne (groupe excellence du CAF), et moi j’avais comme projet d’essayer à-vue « Hotel Supramonte ». J’ai commencé par mettre les doigts dans une autre voie, juste à gauche, « Viaje de los locos » (8b+ max), ouverte par Daniel Du Lac et Dani Andrada. J’ai essayé cette voie pendant deux jours: la première journée j’ai calé les mouvements, le deuxième jour j’ai mis un run mais c’était mouillé donc je suis tombé. Et puis les jours suivants il a beaucoup plu. On s’est quand même rendu à la falaise, à la base je voulais remettre un essai dans « Viaje de los locos », mais quand on est arrivé c’était vraiment trempé. Du coup je me suis dit que j’allais mettre mon run à vue dans « Hotel Supramonte », il y avait énormément de vent, alors pourquoi pas tenter!

On est arrivés un peu tard ce jour là, car il avait tellement plu que l’eau du canyon avait monté, et on a du nager pour rejoindre la grande voie. Je suis parti dans mon essai à vue avec Elsa Ponzo aux alentours de 10h, sachant que la nuit tombait vers 17h30. Il fallait que je me grouille! J’ai fait les deux premières longueurs assez facilement. Pour le 8b, j’y suis allé assez serein, et c’est passé. Ensuite le 8a+ ça s’est plutôt bien passé aussi, j’ai réussi à bien temporiser. Pour le dernier 8a+, c’était assez bloc, j’ai bien forcé, c’était un peu limite. Il me restait ensuite 6 longueurs, et ça l’a fait mais j’avoue que j’avais quand même un peu la pression… Je suis arrivé au dernier relais, la nuit venait de tomber, donc timing parfait avant de redescendre en rappel.

© Jan Novak

C’était vraiment incroyable la journée, le gros vent séchait les longueurs au fur et à mesure qu’on grimpait!
Derrière nous, il y avait la cordée Jules Lacoste et Yannis Gautier, et dès que quelqu’un grimpait on s’encourageait (avec le canyon ça résonnait), et ça m’a vraiment poussé et motivé !

Et sinon, un petit mot sur la cotation… le 8b pour moi c’est plutôt 8a/8a+, le premier 8a+ plutôt 8a, et la dernière longueur en 8a+ je pense que ça les vaut. Je voulais aussi préciser que les dégaines étaient en place vu que d’autres membres du groupe travaillaient la voie, et puis il y avait aussi un peu de magnésie dans les prises, donc ce n’est pas non plus le « à vue » par excellence!

Je tiens à remercier François Lombard et le groupe excellence pour l’organisation, également Igor Martinez et tous mes sponsors!

 

Tanguy Merard coche son premier 9a+ à Entraygues

Souvenez-vous, début 2020 il réalisait son tout premier 9a en étant le premier à clipper le relais de « Ça chauffe » à Seynes. Depuis, d’autres voies sont tombées sous ses assauts et notamment le 9a « La prophétie des grenouilles » (Rocher des brumes) ou encore « Condé de choc » à Entraygues.

C’est d’ailleurs sur cette même falaise qu’il vient à nouveau de performer en enchaînant « La moustache qui fâche », un 9a+ très bloc équipé par le local du coin, Yann Ghesquiers. La première réalisation de cette ligne date de 2011 avec Enzo Oddo, et depuis, seulement 3 grimpeurs en sont venu à bout avant Tanguy: Stefano Ghisolfi (2014), Hugo Parmentier (2019) et Seb Bouin (2020).

Voici son commentaire pour PG:

J’ai commencé à essayer cette voie l’année dernière. Pendant le premier confinement, je me suis pas mal entraîné pour « Biographie », sans réussite,  et en septembre j’ai établi mon nouveau QG à Entraygues où j’ai d’abord réalisé « Condé de choc » avant de mettre les pieds dans « La moustache ». Je bougeais plutôt bien dans la voie jusqu’à ce qu’une prise casse: j’essayais la voie avec Diego Fourbet et Yannis Gautier, et Yannis a cassé une prise clé dans le crux.

Après la casse de cette prise  j’avais plus de mal, je tombais en allant sur cette fameuse prise… et puis la saison à Entraygues s’est vite terminée, en novembre, avec la neige qui a pointé le bout de son nez. Cet hiver, je suis resté dans le Briançonnais, au lycée d’altitude, j’ai fait pas mal de bloc et j’ai pas mal gagné en force. À la fin de l’année scolaire je suis retourné à Céuse pour tenter « Biographie », et j’ai eu pas mal de soucis de dos, j’ai du faire 3 semaines de pause. Il y a deux semaines j’ai repris la grimpe, je suis retourné dans « La moustache », et même si c’était dur au début, j’ai rapidement progressé dans la voie en quelques séances, et dimanche c’est finalement passé au premier run! Une journée parfaite car après l’enchaînement, on s’est tous retrouvés à Briançon pour assister aux finales de la coupe du monde et faire la fête, au top!

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