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Siebe Vanhee répète la grande voie « Project Fear » 8b+/c – 200 mètres

Siebe Vanhee a répété la grande voie « Project Fear » libérée par Dave Macleod dans les Dolomites. De manière spectaculaire, il a enchaîné les trois longueurs du toit en une seule longue longueur de 50 mètres, traversant directement le grand toit d’une seule traite. Initialement, les cotations des trois longueurs étaient 7b+, 8a+ et 8c mais le jeune belge de 29 ans penchent plutôt pour 7b+, 8a et 8b. La cotation globale des trois longueurs en une est 8b+ ou 8c selon lui.

Voici son commentaire :

« Le grand toit de la Cima Ovest à Tre Cime (Dolomites) est à couper le souffle ! Les mythiques voies ouvertes par Huber « Bellavista » et « Panaroma » m’ont fait rêver de grimper dans ce toit durant des années. La semaine dernière, Pete Lowe est passé dans les Dolomites et au lieu de nous lancer dans les classiques, nous avons choisi la variante plus récente « Project Fear », ouverte par Dave MacLeod en 2014. Dave a relié la « Bauer Route », une ancienne voie d’artif à la longueur crux de « Panaroma » 8c en ajoutant un 6c, un 7b+ et un 8a+. Il est visionnaire, car la ligne passe à peu près directement dans la partie droite du toit. Avec Pete, nous avons travaillé les longueurs les plus dures pendant deux jours. La veille de notre départ, Pete a pris la décision difficile de ne pas se joindre à moi en raison d’une vieille et grave blessure qui le gênait à nouveau. Nous étions tous les deux déçus, mais c’était la décision la plus sage à prendre. Néanmoins, Pete était excité à l’idée que j’essaie d’enchaîner « Project Fear », mais pas de la manière habituelle ! Il a eu l’idée de relier toutes les longueurs qui passent par le toit en une monstrueuse longueur de 50 mètres. Cela signifie qu’il faut relier les 7b+, 8a+ et le 8c crux de « Panorama »  en une seule longueur !

Avec le soutien de Nico Cad, grimpeur local des Dolomites, nous sommes partis à 8 heures du matin dimanche dernier. Il faisait un froid glacial et des nuages étaient visibles au loin, ce qui ajoutait du piquant à l’aventure. Une fois arrivé au pied du toit, au début du 7b+, je me suis équipé de longues longes en vue de lier les trois longueurs en une. Enchaîner le 7b+ puis le 8a+ ça allait, et au début du 8c se trouve un grand repos où je pouvais assez bien récupérer. J’ai continué et suis arrivé dans le premier crux où mon pied a zippé. J’avais les pieds super froids et j’étais probablement trop nerveux. Je suis retourné au relais, me suis reposé 15 minutes et suis reparti. Cette fois, je me sentais mieux, mes pieds s’étaient réchauffés et j’étais persuadé que je pouvais le faire ! J’ai passé le premier crux et suis entré dans le deuxième crux assez confiant. Mais au moment d’atteindre le dernier passage au-dessus du réta, j’ai soudainement lâché prise dans la dernière prise et je suis tombé ! Incroyable, je l’avais, j’y étais, j’étais si proche ! Dévasté, je suis retourné au relais où je me suis reposé une heure de plus avant de décoller pour ce qui serait probablement mon dernier essai. Nico a été le meilleur soutien qui soit, il a attendu patiemment dans le froid. J’étais convaincu que je pouvais le faire, j’avais encore de l’énergie dans les bras. Pour la troisième fois, j’étais perché au repos avant la longueur en 8c, regardant les deux crux du toit. J’ai récupéré complètement et je suis reparti. Arrivé au bord du toit, j’ai tout donné et cette fois-ci j’ai tenu la dernière prise au-dessus du toit ! J’ai poussé des cris de joie auxquels ont répondu mon assureur italien fou et un grand public présent dans une petite cabane en dessous de Cima Ovest. Trois heures et un peu de neige plus tard, nous étions au sommet de la Cima Ovest !

À propos de cette ascension, je voudrais aussi exprimer mon opinion sur le niveau. Le 8a+ de Macleod ressemblait plus à du 8a et le 8c de « Panorama » à du 8b. Je ne veux pas sous-estimer le travail et les premières ascensions impressionnantes de MacLeod et des frères Huber. Je peux comprendre à quel point une première ascension dans ce toit, sur ce type de rocher, pouvait être intimidante à l’époque ! Merci à tous pour le travail et la vision de cette ligne. Si je devais coter la grosse longueur que j’ai faite en passant, j’envisagerais la cotation de 8b+ ou 8c pour la liaison des 7b+, 8a et 8b. Attendons une deuxième ascension pour donner une cotation finale.

Quelle expérience incroyable que de grimper à travers un toit si énorme et d’atteindre le sommet dans ce lieu magique ! Merci à Pete pour les superbes journées passées à essayer la voie et ta vision de relier les trois longueurs en une, tu en as tout le mérite ! Merci à Nico pour avoir gardé la motivation malgré le froid. Un grand merci à Ariana pour m’avoir cherché un partenaire à la dernière minute ! Enfin, merci à Klaas pour les images de notre deuxième jour dans la voie. »

Les Belges Seb Berthe et Siebe Vanhee enchaînent un projet extrême en grande voie !

Les grimpeurs Belges Seb Berthe et Siebe Vanhee ont réalisé la première ascension en libre d’un projet extrême : « Histoire sans Fin », une grande voie cotée 8b+, qu’ils décrivent comme « la plus belle grande voie granitique de ce niveau en Europe »

« Histoire sans Fin » porte bien son nom. Cette grande voie, située sur Les Clochers du Portalet, un sommet suisse culminant à 2 985 mètres d’altitude, a commencé à être ouverte il y a plus d’une vingtaine d’années. Elle vient tout juste d’être libérée pour la première fois par les grimpeurs Belges Seb Berthe et Siebe Vanhee.

Cette grande voie de 200 mètres, décomposée en 11 longueurs, aura d’abord été libérée par Seb, qui enchaînera la voie de façon presque imprévue, sortant au sommet à la tombée de la nuit.

Siebe, qui n’avait pas réussi à enchaîner la voie en même temps que Seb, reviendra trois jours plus tard avec lui et réalisera à son tour la voie, signant la seconde ascension en libre.

Voici le commentaire de Siebe :

La semaine dernière, Seb Berthe et moi avons eu une chance incroyable de réaliser les deux premières ascensions en libre de ce que nous considérons comme la plus belle grande voie granitique de ce niveau en Europe. C’est peut-être même la seule dans ce niveau. Cela fait un an que j’ai entendu des rumeurs sur une nouvelle ligne, incroyablement propre et dure, sur le Petit Clocher du Portalet en Suisse près de Martigny.

En 2001, Didier Berthod et François Mathey ont ouvert la célèbre deuxième longueur, une fissure de 45 mètres en 7c+, entièrement en trad: l’une des plus belles longueurs ! Cette fissure se termine sur un beau pilier, au milieu de nulle part. Le granite lisse situé au-dessus a dû attendre près de 20 ans avant que Fabien Borter et Bertrand Martenet imaginent une incroyable suite (celle-ci est équipée), qui suit des dalles et des arêtes jusqu’au sommet. Malgré leur lecture visionnaire, c’est en 2020 que cette grande voie a pu être finie d’être équipée avec l’aide de Didier Berthod pour trouver la longueur manquante, une belle arête orange cotée 8b.

À la fin du mois de juin, avec Jean-Elie Lugon, nous avons trouvé un petit créneau pour aller essayer « Histoire sans Fin ». Je me suis fait botter le cul et j’étais dans un état physique lamentable ! Malgré ça, je me suis dit que c’était une des plus belles lignes que je n’avais jamais essayées. La semaine dernière, je suis revenu avec Seb, physiquement en meilleure forme mais toujours intimidé par la ligne. J’y suis plutôt allé en mode repérage pour voir ce que ça allait donner. Mais avec les encouragements de Seb sur la paroi, j’ai rapidement changé d’état d’esprit. Nous avons tous les deux travaillé la longueur clé jusqu’à ce que Seb l’enchaîne. Je sentais que j’avais besoin de quelques essais supplémentaires pour l’enchaîner aussi, mais Seb n’avait plus de temps. On a donc continué l’ascension, ça a été un gros combat physique et mental pour lui, nous avons terminé à la nuit ! Ce jour-là, Seb a ainsi fait la première ascension en libre. Comme toujours, il a été super fort et a essayé chaque longueur jusqu’à les réussir. »

Trois jours plus tard, c’était à mon tour, je suis revenu avec le soutien de Seb et Soline. Cette fois-ci, j’étais convaincu que je pouvais enchaîner cette ligne. Je me suis lancé dans la fissure en 7c+, puis dans la traversée en 7c jusqu’à arriver au crux. Je me suis alors soudainement retrouvé au milieu de la longueur en 8b+, au niveau du crux, qui est un pas de bloc super technique. Il faut appuyer avec la bonne pression sur des prises de pied microscopique, qui permettent de rendre des mouvements qui semblent impossibles, possibles. Tout est dans la tête, il faut oser et pousser sur les pieds. J’ai réussi à enchaîner cette longueur au premier essai ce jour-là.

Il y a également une longueur en 8b, une arête en dalle difficile, qui a été un bon combat mental. C’était effrayant mais magique ! Ça m’a semblé tellement impossible au premier essai, mais quand tu doses bien la pression sur les pieds et que tu gères correctement l’équilibre, la magie opère. Encore une fois, j’ai enchaîné du premier coup ! La dernière longueur dure est une dalle corsée en 8a+. J’ai réussi à bien grimper mais j’étais nerveux d’imaginer tomber dans cette dernière section difficile… et c’est ce qui s’est passé, je suis tombé. Merci grâce à Seb et Soline, j’ai relativisé ma chute, j’y suis retourné et j’ai atteint le haut de la voie !

C’est un honneur, vraiment ! Un honneur de pouvoir grimper sur un mur aussi beau, une voie aussi magique, avec le soutien et l’enthousiasme de Jean-Eli, Seb et Soline. Nous sommes tous impressionnés par l’ouverture d’esprit et la gentillesse des locaux. Nous avons eu le plaisir de rencontrer Didier Berthod et François Mathey, ainsi que beaucoup d’autres, dans l’accueillante Cabane d’Orny, hébergée par Yanik et son équipe. C’est génial de voir comment la communauté des grimpeurs vit dans cette cabane de montagne. Merci à vous tous pour les bonnes ondes. »

© Fred Moix

Et le commentaire de Seb :

La différence entre l’ascension en libre de Siebe et la mienne est assez amusante à noter : en enchaînant toutes les longueurs les unes après les autres, Siebe était vraiment sur un rythme de croisière impressionnant, il ne laissait aucune chances à la voie et gérait tous les paramètres.

Au contraire, moi, j’étais en mode freestyle total, tombant dans chaque longueur et tapant essais après essais jusqu’à ce que ça finisse par marcher, ne sachant rien de la longueur suivante, mais croyant fermement que j’avais la capacité de la faire. C’était une vraie journée de montagnes russes ! J’aime ce style car il m’apporte les meilleures sensations jamais ressenties en escalade ! »

« Histoire sans Fin » c’est :

– Deux longueurs « d’approche » en 6b+
– L1 d’État de Choc – 6b+
– L2 en dièdre, puis en fissure – 7c+
– L3 jusqu’à l’arête – 7c
– L4, le crux en 8b+
– L5 – 7b+
– L6 « magique » – 8b
– L7 en dalle – 8a+
– L8 pour rejoindre État de choc – 6b+
– Une sortie facile jusqu’au sommet

© Didier Berthod

Triple ascension de la voie de trad la plus dure de France par Barbara Zangerl, Jacopo Larcher et Siebe Vanhee

Barbara Zangerl, Jacopo Larcher et Siebe Vanhee ont tous les trois répété « Le Voyage » à Annot, en France, considérée comme la voie de trad la plus dure du pays. 

« Le Voyage » E9 7a, est l’une des voies de trad les plus difficiles de France. Elle vient d’être répétée trois fois en moins de 24 heures par Jacopo Larcher, Siebe Vanhee et Barbara Zangerl. Cette ligne de 38 mètres a été libérée pour la première fois en 2017, par James Pearson, expert dans le domaine, qui affirmait alors que c’était « l’une des plus belles voies de trad qu’il n’avait jamais faites. »

Barbara Zangerl et Jacopo Larcher sont arrivés à Annot il y a quelque temps et après avoir commencé à travailler la voie en moulinette, Jacopo a réussi à faire la croix lors de son tout premier essai en tête. Puis, le grimpeur belge Siebe Vanhee les a rejoints et, encore galvanisé par l’enchaînement de son premier 9a « Estado Crítico » en Espagne, a réussi à son tour à atteindre le relais de cette longue fissure extrêmement technique, quelques heures seulement après Jacopo. Le lendemain, motivée par la performance des deux hommes, c’est Barbara Zangerl qui signera la première ascension féminine de cette voie, confirmant son incroyable talent.

En effet, l’autrichienne est l’une des meilleures falaisistes du monde. Dans son carnet de croix figurent trois des voies les plus mythiques d’El Cap, qu’elle a enchaînées en libre: « Zodiac » 8b, 545m, « Magic Mushroom » 8b+, 879m, et « El Nino » 8a+, 950m. Elle a également réalisé la première féminine de la Trilogie Alpine, composée de trois grandes voies en 8b+ dans les Alpes: « End of Silence » en Allemagne, « Kaisers neue Kleider » en Autriche et « Silbergeier » en Suisse.

  • La première ascension de James Pearson dans « Le Voyage », en images:

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